Comment Mon Cauchemar A Commencé | par Jeannine 458
Comment Mon Cauchemar A Commencé | par Jeannine
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En octobre 1990, je découvre une bosse sur mon sein droit une semaine après un examen gynécologique. Je demande à ma fille Josée de vérifier à travers mon chandail et elle se rend compte que c’est très évident. Puisque j’ai une requête pour passer une mammographie dans quinze jours, je ne suis pas trop préoccupée. Après l’examen, soit le 31 octobre, le radiologiste me dit que je dois revoir mon médecin pour qu’il me donne le résultat de la mammographie, car il voit la bosse, mais il n’a pas le droit de se prononcer. 

 

De retour à la maison, je réalise que c’est le jour d’Halloween et à chaque feu de circulation, je vois les jeunes déguisés qui ont l’air tout heureux, tandis que moi je pleure à chaudes larmes. Quand je réalise que j’arrive bientôt chez moi, je me ressaisis, car je ne veux surtout pas inquiéter mes deux filles de 14 et 16 ans. 

 

La semaine suivante, la gynécologue me confirme une tumeur maligne et je rencontre un oncologue vingt jours plus tard qui me dit que c’est très sérieux. J’essaie de faire la femme forte, tout se bouscule dans ma tête, je crois devenir folle. Je n’en crois pas un mot, c’est impossible, je n’ai que 47 ans. Je n’ai aucune douleur, je suis en très grande forme, je fais du sport régulièrement, je n’ai jamais fumé, j’ai un poids santé, j’ai toujours eu une bonne alimentation, je consomme très peu d’alcool. Pourquoi moi? Il y a sûrement une erreur. Pourtant, c’est la réalité et je dois y faire face.

 

On m’hospitalise pour le premier traitement de chimio, car on ne sait trop à cette époque comment je vais réagir à ce fameux cocktail. Les trois autres traitements aux 3 semaines se feront en clinique externe. 

 

On m’avise que je vais perdre mes cheveux après le deuxième traitement. La semaine suivante, le jeudi plus précisément, en me coiffant, une poignée de cheveux me reste dans les mains. C’est la crise de larmes. Mon mari me dit, pourquoi tu pleures, tu le savais que ça arriverait? Une chose qu’il ne savait pas, c’est que j’avais décidé de lui faire une fête surprise pour ses 50 ans. 

 

Je ne perds pas de temps, j’appelle en urgence pour prendre un rendez-vous pour choisir une prothèse capillaire de la même couleur que mes cheveux et pour m’assurer  qu’il n’y est pas trop de changement.

 

Quel supplice, je me demande si je vais m’en sortir. Je passe des nuits blanches à me faire des idées noires.

 

En février suivant, un “scan” confirme une réduction considérable de la tumeur et on procède à l’ablation en préservant le sein sans trop mutiler. Mon cauchemar se poursuit encore avec la radiothérapie pendant 25 jours consécutifs, en prenant congé les fins de semaine.

 

Après plusieurs lectures de différents documents, je prends conscience que mon subconscient doit être nourri d’idées positives afin de garder espoir. Je suis trop jeune pour mourir et mes filles qui sont adolescentes, ont encore besoin de moi.  

 

Maintenant, je regarde la vie avec de nouveaux yeux, car mon désir de “sécurité” a changé pour la “sérénité”. Malgré la difficulté d’accepter, je comprends maintenant que derrière toute grande épreuve se cache une leçon de vie, qu’il est important d’accueillir, d’apprivoiser, d’apprécier et d’aimer.

 


Jeannine
2019


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Blogue Au-delà du rose 13/11/2019

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