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Leçons De Vie En Trois Temps | par la Randonneuse
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Leçons de vie en trois temps

La maladie nous fait vivre des hauts (pas beaucoup) et des bas (pas mal). Nous en retirerons toutes quelque chose de différent.  

Voici les trois leçons de vie que j’ai apprises…

M’informer et suivre mon intuition
 

Après le diagnostic, du jour au lendemain, ma vie a basculé. J’ai été bombardée de décisions que je n’aurais jamais imaginé avoir à prendre. 

J’avais une carrière, des projets, une vie sociale active et tout cela a été remplacé par le chaos, l’incertitude, l’angoisse, la solitude (beaucoup de solitude). J’avais l’habitude de prendre des décisions dans mon boulot, mais là les décisions auxquelles j’étais confrontée me semblaient reliées à ma survie. J’étais figée et incapable d’avancer.   

Après ce choc initial, la réalité s’installa : je devais quitter mon travail le temps des traitements, il y aurait des effets secondaires que l’on connaît (chute de cheveux, fatigue et autres), et mon corps allait subir des transformations inattendues et permanentes. Après plusieurs jours de réflexion, j’ai décidé que… j’avais besoin d’un plan.
 

Pour (essayer) de reprendre le contrôle du chaos, je devais commencer par m’informer. J’ai appris à lire des rapports médicaux. Je n’avais aucune formation là- dedans, mais je savais poser des questions et ça, tout le monde peut le faire ! J’avoue qu’il y avait des termes qui dépassaient mes capacités, mais la base, c’était que je pouvais avoir une discussion relativement informée avec les professionnels de la santé.  Et j’ai eu la chance aussi d’être entourée, pour la plupart, de professionnels qui ont été ouverts, généreux et patients avec moi. Et ceux qui ne l’ont pas été, je les évitais ou je m’arrangeais pour consulter quelqu’un d’autre. Mon intuition m’a beaucoup servie. 

Tout cela m’a permis de jouer un rôle plus actif dans mes traitements et ma guérison, et de mieux vivre avec la maladie parce que j’avais l’impression de LA maîtriser, plutôt que l’inverse. J’ai bien dit l’impression parce que la maladie m’a souvent joué des tours. Mais malgré les surprises malencontreuses, j’avais toujours en tête mon plan d’attaque. Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme, écrivait le poète William Ernest Henley.

Trouver MA voie et suivre MON étoile 

J’avais donc un plan. Mais ce qui me manquait, c’était une vision personnelle.   Comment fait-on dans une telle situation pour prendre suffisamment de recul pour y voir clair ? Comment y trouver MA voie ?
 

Le premier pas me fut inspiré par mon infirmière en oncologie. Elle me disait : « Ne regardez pas les autres malades alentours de vous Nathalie. Ce n’est pas vous. » En somme, elle me disait de ne pas me comparer aux autres. Certains étaient plus malades, d’autres moins. Je devais tracer ma voie dans cette tempête. Et cette voie, cette vision, ne m’est pas immédiatement apparue. Je l’ai bâtie, comme un briqueteur, épreuve par épreuve, échec par échec, victoire par victoire. 

Ma sœur me répétait souvent : « l’amour guérit ». Cette phrase aussi a eu un impact important sur moi parce que je croyais, à tort ou à raison, que mon état d’esprit pouvait avoir un impact important sur ma maladie. Je dis « pouvait avoir un impact  » parce que j’étais quand même consciente que ma guérison ne dépendait pas que de moi et de ma “vision”. J’ai compris tôt dans ma maladie que peu importe la voie que je me traçais, il se pouvait fort bien que le résultat soit bien différent de celui espéré.  

Un des aspects qui m’effrayait le plus était le fait d’être clouée à mon divan des mois de temps. C’est là que j’ai appelé la Société Canadienne du Cancer. On m’a écouté, soutenu et proposé de parler avec une bénévole de mon âge, qui elle aussi avait eu un cancer du sein. Je lui ai demandé : ”As-tu pu rester active durant les traitements ?” (J’appréhendais la réponse). ”Mais oui”, me dit-elle. “Durant toute ma chimio et ma radio (sauf pour quelques jours où je n’avais pas la forme), je suis allée au gymnase”. Vraiment ?? Elle m’a inspirée ! Durant toute ma chimiothérapie, la plupart du temps (sauf les premiers jours après le traitement), j’ai marché, dehors, tous les jours, 7 kilomètres, beau temps, mauvais temps, automne comme hiver. Durant ma radiothérapie, entre mes deux visites par jour à l’hôpital, j’allais patiner. À part les bienfaits physiques, ces activités me permettaient de faire le point tous les jours, de peaufiner mon “plan”, d’assimiler ce qui se passait.    

Est-ce dire que je n’ai pas eu de grande fatigue, des journées noires, de grands moments d’angoisse ? Absolument pas! Aujourd’hui encore, il y a ce petit “gremlin” qui se pose sur mon épaule de temps à autre….  Mais j’ai appris à l’apprivoiser. Il me rappelle que vivre un cancer, c’est une grande leçon d’humilité. Il me rappelle que je ne suis pas invincible.   

Et finalement, l’humilité  

J’ai beaucoup de chance d’être ici aujourd’hui.  

Je réfléchis régulièrement à la façon que je veux vivre ma vie. Et cette introspection, ce n’est pas une affaire d’un jour. C’est un processus continuel, une question que je me poserai jusqu’au dernier jour.  

Je ne sais pas si ces trois leçons s’appliquent à d’autres ou même à d’autres circonstances. Ce n’est que mon histoire à moi. 
 

Merci de me lire.
 

La randonneuse 



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Blogue Au-delà du rose 06/12/2019

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