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Archive for octobre, 2019
 

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Tu es belle 

Voilà deux ans que j’ai décidé de me consacrer à la confection de lingerie adaptée pour les femmes pendant et après les traitements du cancer du sein. 

Aujourd’hui, on me demande mon témoignage, non pas dans le cadre de mon exercice professionnel, mais en tant que femme qui côtoie au quotidien une réalité qui n’est pas la mienne. 

Quel est l’impact de ces deux années et de toutes ces rencontres sur ma personne? Telle a donc été la question que je me suis posée en rédigeant ce témoignage. 

La réalité du cancer du sein, nous la côtoyons tous au quotidien, souvent sans le savoir. Sous les perruques, le maquillage, les vêtements, le corps des femmes garde des marques de la maladie et des traitements. 

Mais dans la salle d’essayage, les femmes se dévoilent, tantôt avec une grande aisance, tantôt avec une grande pudeur. 

Ce moment me touche à chaque fois, car les femmes me font le cadeau d’être elles, en me dévoilant leur intimité et ce qu’elles considèrent le plus vulnérable. 

Pourtant moi, ce mélange de force et de fragilité que je découvre en chacune d’elle, je le trouve magnifique. 

 

Souvent, j’ai envie de leur dire à quel point je les trouve belles, à quel point elles n’ont pas à avoir honte, à quel point la beauté, la féminité, c’est bien plus que cela. 

Mais je ne veux pas leur imposer ma vision, ma perception ni perturber leur propre processus d’acceptation et de réappropriation de leur corps. 

Des fois aussi, je suis fâchée. Fâchée des “violences oncologiques” et des commentaires non sollicités dont elles me font part. 

 

Pourquoi cela me touche-t-il tant, alors que je ne suis pas atteinte? 

Peut-être parce que je pourrais l’être, tout comme nous toutes. Ou peut-être parce qu’en tant que femme je me projette dans la peau de celle qui se fait dire “qu’on lui a retiré sa féminité” et que je m’offusque de ces injonctions que la société inflige à la femme malade, qui rappelons-le, est avant tout une femme. 

C’est peut-être bizarre à dire ou à lire, mais ces témoignages, ces rencontres, m’ont amenée à me questionner sur mon rapport à la féminité, à mon corps et inconsciemment, m’ont poussé à essayer de me préparer à l’éventualité que cela devienne aussi ma réalité. 

Pourtant je ne peux que l’imaginer, car imaginer et vivre sont deux choses complètement différentes. 

 

Ce qui est sûr, c’est que j’ai grandi, j’ai appris, en tant qu’être humain, en tant que femme, en tant qu’accompagnatrice et en tant que proche.

J’ai appris sur moi, sur la relation à soi, aux autres, à la société et je me trouve chanceuse d’être un témoin de cette réalité. 

Lisa Martin 

publié(e) par Au-delà du rose sur oct 25, 2019 4:09 EDT
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J'étais si jeune (29 ans) lorsque le diagnostic m'a été annoncé! 😥

Cancer du sein stade 3, gêne BRCA1, masse grosse comme une orange au sein gauche! On me dit qu'il est très agressif… Ouff!  

Ma vie bascule, mes rêves, la peur, etc. Me voici rendu à 47 ans et cette maladie n'est jamais réapparue… Yes!

Voici donc mon histoire : 

Je n'ai pas d'enfants à ce moment de ma vie et un de mes rêves va peut-être se réaliser. Enfin, je rencontre mon chum qui lui aussi en veut. Voilà trois mois que nous sommes ensemble et bang ... le diagnostic ! Mes symptômes ont commencé  par des chocs électriques au niveau du sein gauche. Je pensais que c'était le stress dû à mon travail. Je commence à faire l'auto examen de mon sein à tous les jours et 1 mois plus tard, après plusieurs visites de docteurs différents (car j'insiste, quelque chose d'anormal se passe dans mon corps) qui me retournent à la maison me disant que ça va passer, qu'un cancer du sein ne fait pas mal, malgré ma bosse qui grossi! Trop souffrant, j'insiste à nouveau et finalement, on m'opère d'urgence pour l'ablation radicale du sein gauche! Outch, pas le temps de me préparer à cette nouvelle vie. Il faut faire vite… enlevez-moi ça, j'ai trop mal!

Chimio (6 traitements), radio (pendant 1 mois), perte des cheveux… Cette étape fut la plus dure à accepter pour moi, plus que la perte de mon sein. Peut-être dû au fait que les gens ont un autre regard sur nous. J'ai attendu 5 ans avant les prochaines opérations. J'attendais que ma rémission soit terminée, j'étais pas prête. J'étais incapable de me regarder dans le miroir tout ce temps, etc. Les reconstructions n'ont pas été un succès… huit au total avec différents docteurs. Trop petit, extenseurs, prothèse percée, prothèse temporaire, etc. La dernière opération fut la bonne. Opération par lambeau dorsal pour refaire mon sein gauche avec tattoo pour le mamelon ainsi que redrapage du sein droit. Je tenais à garder mon sein droit afin de garder ma sensibilité au niveau des sensations pour ma sexualité. Tout est enfin parfait! :-)

J'ai été forte moralement la plupart du temps, parfois triste de mettre de côté d'avoir des enfants (trop risqué pour ma santé). Est-ce que je vais mourir? J'y pensais pas trop… je voulais combattre. Mon chum m'a accepté comme j'étais. Il n'a pas fui. Nous nous sommes séparés après 10 ans de vie commune. Comment faire pour rencontrer un autre homme avec mon handicap, les cicatrices, va-t’il m'accepter, etc.? Finalement, oui, c'est arrivé… j'ai retrouvé l'amour. J'ai eu le support de mes amies, ma famille, mon chum et les collègues de travail tout au long de cette aventure. On a même organisé un groupe "Relais pour la vie" en mon honneur. J'en suis très reconnaissante. 

La vie est maintenant plus belle. Je n'attends plus pour réaliser mes rêves, le stress… le moins possible. J'offre mon soutien téléphonique pour la Société canadienne du cancer (Programme de Jumelage téléphonique) depuis 2011 et j'ai réalisé un de mes rêves pour mes 45 ans : ma première maison! :-) Je n'arrête pas de voyager, faire des escapades, etc. C'est ma passion! 

Les cinq premières années ont été des rendez-vous de crainte pour les examens de routine; à savoir, est-ce que cette bibitte est toujours là? Ensuite, on vit avec et le temps fait son œuvre. 

Le secret pour passer à travers cette épreuve… le temps ! 

Ma pensée lors des situations stressantes, problématiques, etc. = Il y a des choses pires que ça dans la vie. 😉

Bon courage et n'arrêtez pas de rêver malgré tout 😉
 

Sunshine xxx
 

publié(e) par Au-delà du rose sur oct 16, 2019 9:49 EDT
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Bonjour à vous tous et toutes, ennemis de la maladie, 

Mon nom est Gisèle et la maladie est venue me visiter en 2004, j’avais 54 ans.  Cela est arrivé dans un bien mauvais moment de ma vie, comme s’il y avait un bon moment pour recevoir des mauvaises nouvelles. 

À ce moment la vie n’avait pas été très facile pour moi.  Je recommençais à peine à sortir la tête de l’eau en me plaçant sur un meilleur chemin pour moi.  En 2004 je reçois la nouvelle du cancer du sein. Tout tout s’effondre dans le noir. Comme j’en suis certaine à ce moment, je n’ai plus aucun avenir.  Je pleure, je me laisse aller dans tout. Je n’ai vraiment plus rien à qui, à quoi m’accrocher. 

 

Je n’ai plus de goût pour la vie.  Tout pour moi est amer! La vie, la joie, les rêves, l’amour.  Je suis finie. J’ai passé presque trois mois dans un état végétatif.  Vu que je ne mourais pas tout de suite, je commençais à m’ennuyer un peu.  Avant, j’étais une fille joviale, vivante et surtout positive. Mais là avec cette maladie, je me trouvais fade, ennuyante, négative et vide.  

 

Après un an, je décide d’aller chercher de l’aide psychologique, l’électricité dans ma tête ne fonctionnait plus.  Elle fonctionnait surtout pour la chose négative. Je ne voulais plus être cette personne déprimante, surtout que je ne me sentais pas mourir.  Je décidais que me battrais pour mes enfants (autre histoire). Par tous les moyens, je ne voulais plus que la maladie m’atteigne. Le combat fut féroce. 

J’apprends en 2006 que j’ai des métastases osseuses aux cervicales et à la colonne vertébrale.  On m’informe que je suis au stade 4 et que peut-être je pourrais vivre 4 à 5 ans dans mon cas. Oh! la! la!.. je dégringole encore une fois.  Je vais chercher de l’aide médicale pour ne plus me retrouver dans l’état végétatif que j’avais connu. En 2007, je commence à prendre des antidépresseurs.  Merci à la vie, car cela m’a beaucoup aidé. À ce moment- là, j’ai décidé que la maladie ne fera plus partie de mon cerveau. Après quelques mois, j’étais beaucoup plus forte psychologiquement.  

 

J’ai reçu de la chimio palliative pendant 8 ans en plus des traitements pour les os.  J’ai pris trois ans et demi de break pour la chimio (belles petites vacances). Nous sommes en septembre 2019 et je suis encore de ce monde.  N’est-ce pas merveilleux et incroyable? J’ai recommencé ma chimio palliative probablement pour tout le reste de mes jours, mais mes chers/chères ami(e)s, vous êtes certains que je vais prendre encore des petites vacances de temps en temps (ah! ah! ah!). J’ai quand même encore une belle qualité de vie.  

 

Je suis une personne qui s’occupe le cerveau tout le temps.  Je veux tout savoir et tout faire afin de ne pas faire entrer la maladie dans ma tête.  Je l’imagine (la maladie) me suivre sur les talons comme un petit chien de poche. Cela me permet d’abaisser le cancer très bas.  La maladie, ce cancer, ne me mérite pas, c’est pour cela que je le visualise comme un intrus malfaisant qui n’a pas été invité. 

 

Tout au long de ces années, de 2004 à maintenant, j’avais un petit texte que je lisais presque  tous les jours et qui m’a beaucoup aidé à rejeter cet intrus de ma tête et à le faire suivre comme le petit chien de poche qu’il est.  Le voilà :

“ Battez-vous, l’être humain est la plus miraculeuse, la plus belle, la plus complexe des machines et votre ennemi n’est qu’un parasite unicellulaire, une bactérie, un organisme sans cerveau, sans âme, sans conscience, sans rime, sans raison”.

Vous vous laisserez vaincre par un tel adversaire?  

 

Prenez bien soin de vous tous et toutes! 

Merci de me lire 
 

Gisèle Lafrance

publié(e) par Au-delà du rose sur oct 9, 2019 10:23 EDT
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J’ai travaillé près de 13 ans auprès des personnes touchées par le cancer. J’ai beaucoup appris de leurs expériences de vie. J’ai appris que le cancer fait peur. Que le cancer est simple et compliqué. Je sais que pour plusieurs, cette maladie peut être soignée. Pour certains, la cure est possible, pour d’autres, on parle de rémission, de pause, de cibler la progression. Bref, autant de cas que de visages.

En octobre 2018, ma sœur apprend qu’elle a un cancer. Elle travaille en milieu hospitalier, elle s’y connaît elle aussi. Sa meilleure amie travaille aussi auprès des personnes qui vivent une expérience de cancer. On sera trois à se téléphoner et à se dire qu’on s’aime.

L’équipe médicale prend rapidement en charge l’état de santé de ma sœur. Elle débute ses suivis avec des hommes et des femmes extraordinaires qui vont l’accompagner durant près de 9 mois. Chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie. Puis la grande finale, l’hormonothérapie pour les 10 prochaines années. La routine pour son diagnostic de cancer. 

Nous savions toutes les trois qu’il fallait prendre un jour à la fois. Ne rien supposer. S’informer et fermer l’ordinateur ou changer de conversation quand c’était un peu lourd. Ne prendre que ce que l’on pouvait chaque jour. Être et surtout être avec elle. Ne pas prendre sa place. Lui parler d’autres choses que le cancer. Lui proposer des activités qu’elle aime ou dont elle n’aurait pas envie. ☺ Elle s’est affirmée tout le long : oui, non, ben voyons donc. Elle a été patiente avec tout le monde qui s’inquiétait pour elle alors qu’elle n’avait pas envie de cette inquiétude. C’est cela le cancer, le voir à travers la peur des uns et des autres. Cette partie est difficile. Toutes les trois, on essayait d’éviter ce piège. Pour elle, pour être correct avec elle et sa famille. Pour être dans le vrai. 

On a beau connaître le cancer, on ne sait pas ce qu’il transformera en nous. Le temps passe et la peine reste encore un peu. Et à travers tous ces mois, la maladie, d’autres maladies, nous ont frappé toutes les trois. Car oui il y a le cancer, mais il y a aussi d’autres maladies. 

On a toutes les trois fait de notre mieux. On a donc ri et bu du vin. On continue de se dire qu’on s’aime et  de remettre en place cette expérience et les autres maladies qui ont coloré nos ciels de couleurs, de peur et de larmes. On a été puissantes et impuissantes. 

Accompagner un proche et aimer un proche qui a une maladie, c’est un peu tout cela. 

 

Patou Vincent

publié(e) par Au-delà du rose sur oct 2, 2019 9:04 EDT

 
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Au-delà du rose
12 Billets 1 Auteur
Des femmes bénévoles engagées à réaliser et à diffuser les histoires de vie de femmes et d'hommes touchés par le cancer du sein par le médium d'un blogue nommé 'Au-delà du rose'. 

C'est un blogue collectif de plusieurs autrices et auteurs.  Des histoires de vie, parfois heureuses, parfois difficiles… des montagnes russes d’émotions vécues par tant de femmes et d’hommes. 



Au-delà du rose, est un blogue visant à partager, soutenir, démystifier, rallier, briser la solitude et surtout mieux connaitre et comprendre les différentes réalités du cancer du sein.  

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