Au-delà du rose 278
Au-delà du rose
15 Billets 1 Auteur
Des femmes bénévoles engagées à réaliser et à diffuser les histoires de vie de femmes et d'hommes touchés par le cancer du sein par le médium d'un blogue nommé 'Au-delà du rose'. 

C'est un blogue collectif de plusieurs autrices et auteurs.  Des histoires de vie, parfois heureuses, parfois difficiles… des montagnes russes d’émotions vécues par tant de femmes et d’hommes. 



Au-delà du rose, est un blogue visant à partager, soutenir, démystifier, rallier, briser la solitude et surtout mieux connaitre et comprendre les différentes réalités du cancer du sein.  

Ce blogue a besoin de vous. Vous avez envie de nous raconter votre histoire Au-delà du rose ? 


Vous aimeriez devenir 
blogueuse/blogueur le temps d’un texte (ou de plusieurs)? 

 Envoyez-nous un courriel à

parlonscancer@quebec.cancer.ca  ou par messagerie privé à Au-delà du rose. 
 



 
ajouté(e) par Au-delà du rose

Les pages les plus récentes

Archive for novembre, 2019

735758eb2c09188793f5777f6088fdf0-huge-fe

 

C’est fou comme le cancer peut transformer quelqu’un. Dans chaque étape de la guérison, je me suis découvert une facette différente.

 

À l’annonce, je me suis rendu compte de ma soif de vivre. Dans l’attente, j’ai vu combien j’étais résiliente, en radiothérapie je me suis découvert une facilité à faire confiance, à me laisser guider et maintenant que je prends l’hormonothérapie, je vis avec mon caractère de chien!!!!!!

 

Hiiiii la la !!!!!!! Je pensais avoir un méchant caractère bien avant tout ça! Finalement, je n’avais rien vu!

 

Dans les dernières semaines tranquillement, j’ai débuté mon traitement d’hormonothérapie. J’ai vu quelques témoignages de femmes qui en parlaient avant de l’avoir moi-même expérimenté. Je me disais qu’elles exagéraient! Une petite pillule... Y’a rien là!

 

Ok les filles on va se le dire .... c’est pas une tite pilule, c’est un comprimé de monsieur vert. Tsé là... Hulk!

 

Je me suis rapidement transformé en hormone ambulante. Une petite bombe toujours prête à exploser. 

 

Conjoint et enfants n’ont qu’à bien se tenir!

 

Je me trouvais tellement « heavy », j’ai décidé d’en parler dans mon groupe de femmes qui comme moi, vivent ou ont vécu “l’Hulkification.” Je me suis vite rendue compte que plusieurs étaient comme moi.

 

On ne se reconnaît plus ! Entre les bouffés de chaleur, les douleurs articulaires, l’insomnie, les montés en flèche d’hormones, et j’en passe .., nous devons continuer à  jouer notre rôle de femmes, mères, conjointes, etc.

 

Bon, après réflexion je me dis qu’un peu de travail sur ma personne est de mise et ce n’est jamais perdu. Mais aussi, je me donne le droit et surtout le temps pour que mon corps accepte tous ces changements. Car, je le vaux bien   :)

 

Après tout, nous ne sommes que des femmes, des femmes qui font de leur mieux pour s’en sortir. Pour guérir!

 

Prenons tout de même le temps de dire “Merci” à tous ces amoureux qui malgré les tempêtes, restent et continuent de nous aimer dans nos changements.

 

Et pour vous les enfants; on vous aime et nous faisons en sorte que la vie ne nous sépare pas prématurément.

 

Tant qu'il y aura des femmes comme nous qui accompagnent celles que la maladie vient tout juste de toucher nous continuerons d’avancer!

 

Daysie B.


                        aaf94fded52cd5a33e54f234b9856337-huge-in

 

publié(e) par Au-delà du rose sur nov 29, 2019 10:24 EST
2378810d1b940a8fa2ab18ec38d6c7a8-huge-je

 

En octobre 1990, je découvre une bosse sur mon sein droit une semaine après un examen gynécologique. Je demande à ma fille Josée de vérifier à travers mon chandail et elle se rend compte que c’est très évident. Puisque j’ai une requête pour passer une mammographie dans quinze jours, je ne suis pas trop préoccupée. Après l’examen, soit le 31 octobre, le radiologiste me dit que je dois revoir mon médecin pour qu’il me donne le résultat de la mammographie, car il voit la bosse, mais il n’a pas le droit de se prononcer. 

 

De retour à la maison, je réalise que c’est le jour d’Halloween et à chaque feu de circulation, je vois les jeunes déguisés qui ont l’air tout heureux, tandis que moi je pleure à chaudes larmes. Quand je réalise que j’arrive bientôt chez moi, je me ressaisis, car je ne veux surtout pas inquiéter mes deux filles de 14 et 16 ans. 

 

La semaine suivante, la gynécologue me confirme une tumeur maligne et je rencontre un oncologue vingt jours plus tard qui me dit que c’est très sérieux. J’essaie de faire la femme forte, tout se bouscule dans ma tête, je crois devenir folle. Je n’en crois pas un mot, c’est impossible, je n’ai que 47 ans. Je n’ai aucune douleur, je suis en très grande forme, je fais du sport régulièrement, je n’ai jamais fumé, j’ai un poids santé, j’ai toujours eu une bonne alimentation, je consomme très peu d’alcool. Pourquoi moi? Il y a sûrement une erreur. Pourtant, c’est la réalité et je dois y faire face.

 

On m’hospitalise pour le premier traitement de chimio, car on ne sait trop à cette époque comment je vais réagir à ce fameux cocktail. Les trois autres traitements aux 3 semaines se feront en clinique externe. 

 

On m’avise que je vais perdre mes cheveux après le deuxième traitement. La semaine suivante, le jeudi plus précisément, en me coiffant, une poignée de cheveux me reste dans les mains. C’est la crise de larmes. Mon mari me dit, pourquoi tu pleures, tu le savais que ça arriverait? Une chose qu’il ne savait pas, c’est que j’avais décidé de lui faire une fête surprise pour ses 50 ans. 

 

Je ne perds pas de temps, j’appelle en urgence pour prendre un rendez-vous pour choisir une prothèse capillaire de la même couleur que mes cheveux et pour m’assurer  qu’il n’y est pas trop de changement.

 

Quel supplice, je me demande si je vais m’en sortir. Je passe des nuits blanches à me faire des idées noires.

 

En février suivant, un “scan” confirme une réduction considérable de la tumeur et on procède à l’ablation en préservant le sein sans trop mutiler. Mon cauchemar se poursuit encore avec la radiothérapie pendant 25 jours consécutifs, en prenant congé les fins de semaine.

 

Après plusieurs lectures de différents documents, je prends conscience que mon subconscient doit être nourri d’idées positives afin de garder espoir. Je suis trop jeune pour mourir et mes filles qui sont adolescentes, ont encore besoin de moi.  

 

Maintenant, je regarde la vie avec de nouveaux yeux, car mon désir de “sécurité” a changé pour la “sérénité”. Malgré la difficulté d’accepter, je comprends maintenant que derrière toute grande épreuve se cache une leçon de vie, qu’il est important d’accueillir, d’apprivoiser, d’apprécier et d’aimer.

 


Jeannine
2019

publié(e) par Au-delà du rose sur nov 13, 2019 10:15 EST

55ebcf6499faf3c0dedfc8b8d0ba578f-huge-fr

 

Je m’appelle France Ruest. La mammographie et encore moins le cancer ce n’était pas pour moi. Même si j’avais bien reçu ma lettre m’invitant à prendre mon rendez-vous pour la mammographie, MOI j’avais décidé qu’il en serait autrement, car rien dans ma vie ne me laissait croire que je pouvais avoir un cancer. Je ne fumais pas, je faisais du sport, je mangeais bien, je prenais soin de moi, personne dans ma famille n’avait été atteint d’un cancer, bref j’étais en pleine forme! 

On m’avait fait tellement peur avec l’examen de la mammographie, qui semblait-il était douloureux, raison de plus pour ne pas que je m’impose une telle souffrance. En plus si j’avais un cancer je l’aurais su!

On peut appeler ça du déni et c’est probablement la vérité.

En janvier 2017, j’ai reçu un diagnostic de cancer du sein. Un HER 2 négatif au stade 3, hormono dépendant. C’était un cancer agressif.

Deux semaines après ma chirurgie, j’avais un rdv de routine avec un gynécologue qui m’annonçait que j’avais un cancer au col de l’utérus. Si j’avais eu un choc au 1er diagnostic,  là je venais de recevoir un coup de 2 X 4 en pleine face! … La bonne nouvelle c’était qu’il n’y avait aucun lien avec celui du sein. Toute qu’une bonne nouvelle ça!

Deux chirurgies en 1 mois ça fesse pas mal! Suivi du tout inclus (chimio et radio). Les traitements de chimio se sont bien passés pour moi; aucun malaise. C’est plutôt la post chimio qui a été difficile. À partir du  jour 3, mon corps souffrait, je sentais tous mes os craquer de partout, et ce, à chaque mouvement, je n’étais plus moi-même, je ne reconnaissais plus la personne que j’étais. Je me rappelle que de me regarder dans le miroir me surprenait à chaque fois parce que j’avais perdu mes cheveux et que j’avais peine à me reconnaître.  En fait, je ne savais pas comment j’allais me sortir de là. Je ne savais même pas si j’allais retrouver une qualité de vie. Je me sentais totalement démunie, j’avais mal, tellement mal dans tout mon corps. Il n’y a pas de mot pour exprimer cette souffrance, car en plus d’être physique la douleur était aussi mentale. Est-ce que j’allais devoir subir une mastectomie totale si les traitements ne répondaient pas? Est-ce que mes heures étaient comptées? Est ce que j’allais m’en sortir? Toutes ces questions dans ma tête qui allaient et qui venaient sans cesse...

En fait, je n’avais plus de vie, j’existais, mais sans plus, je tentais de m’accrocher et c’était tellement difficile.

Chaque personne est différente et doit apprendre à vivre avec le cancer. Oui, il y a des périodes de dépression et croyez-moi, je parle en connaissance de cause; je peux confirmer que les larmes sont vraiment une ressource renouvelable! 

Dans mes périodes plus difficiles, j’ai dû me parler et j’ai décidé de faire le « switch ». À partir de cette journée-là, j’ai décidé de vivre au jour le jour. J’ai également décidé que ce n’était pas mon cancer mais plutôt le cancer, il ne m’appartenait pas et je voulais m’en débarrasser au plus vite. Je me suis aussi donné une mission; celle de me rendre jusqu’au bout des traitements avec résilience, un par un.

Marche, yoga, méditation ont fait parti de ma mission. J’ai tenté le crochet, mais j’étais incapable de me concentrer pour terminer un simple petit bonnet. J’ai probablement atteint le record Guiness pour le nombre d’heures pris pour réaliser ce simple projet!

Je me fais souvent demander si j’ai peur d’une récidive ou encore depuis combien de temps je suis en rémission. À ces personnes je réponds que je ne m’accroche pas aux 5 ans de rémission, car je ne connais pas ma date d’expiration. D’ailleurs qui la connait?

Je profite du moment présent.

Ma mission est accomplie, je vais bien et je me sens bien, j’ai repris toutes mes activités et plus encore.

Aujourd’hui je suis une porteuse d’espoir, car oui il y a de l’espoir grâce à la recherche qui ne cesse de progresser.

France Ruest

publié(e) par Au-delà du rose sur nov 7, 2019 10:58 EST

17bad94ff7bda54f934ce15305f99a2a-huge-ch

Ma vie va changer!

Je m’appelle Christine, j’ai 46 ans et j’ai eu un cancer du sein, voici mon histoire :

 

J’ai mal, ma brassière me fait mal. Je vérifie, je m’inspecte, j’ai une bosse sous le sein gauche vis-à-vis la baleine de mon soutien gorge. Je demande à mon conjoint de regarder à son tour il n’est pas certain au départ, mais finalement oui il y a une bosse qui n'était pas là….

J’appelle à la clinique. J’ai un rendez-vous avec mon médecin la semaine prochaine. Je ne suis pas trop inquiète, ça peut être un kyste, un fibrome… je n’ai aucun antécédent dans ma famille qui a un cancer du sein, je suis en pleine forme, je ne fume pas ET surtout, je n’ai que 44 ans… voyons ce n’est certainement pas ça!

C’est mon rendez-vous médical. À l’examen, lui aussi trouve cette bosse suspecte. Mais ça peut être un kyste ou un fibrome. Il ne faut pas prendre de chance, les demandes d’examens sont faites et selon lui ça doit être fait rapidement…une “tite” inquiétude s’installe….Mais en même temps les probabilités sont faibles… J’essaie de me convaincre, mais une mauvaise graine vient d’être semée dans ma tête!

 

En avant-midi, je passe une mammographie. Je regarde le visage de la technologue pour voir si elle décèle quelque chose de grave…. À 12h00 je passe une échographie, la radiologiste est inquiète, elle prononce le mot “CANCER’’. Elle me demande si j’accepte d’avoir une biopsie immédiatement…là je suis paniquée…pourquoi je suis venue toute seule? Ben oui qu’on peut le faire tout de suite… en vrai j’ai tu vraiment un choix là-dedans? Je capote, je ne m’attendais pas à ça…je croyais tellement qu’elle allait me dire “c’est rien, retournez à votre vie madame”.  En plus, les résultats prennent de 5 à 10 jours avant d’arriver. C’est l’état de choc je pleure, je pleure…en sortant de là je ne sais pas quoi faire…où aller. Je vais voir maman en pleurs, j’appelle mon amie et je pleure, je retourne au travail… et je pleure!

Deux jours plus tard, j’ai rendez-vous avec le chirurgien. Même si je n’ai pas reçu les résultats… Tout va très vite.  Il confirme l’impression de la radiologiste..un CANCER du sein! Il me parle de chirurgie, de radiothérapie et peut être de chimiothérapie… Il y a quelques jours je n’avais rien et voilà que j’ai peut être un cancer..ben voyons…au secours! Je stresse, je ne peux pas y croire… C’est inconcevable… pourquoi… pourquoi  moi…? Heureusement maman est avec moi! 

Les jours qui suivent sont difficiles, j’ai un motton dans la gorge et dans l’estomac en permanence.  Je me fais cent mille scénarios et ils sont pour la plupart négatifs. On attend, on attend…lundi le 12 février, je vais travailler. Je donne un cours mais ma tête n’y est pas… je pleure devant les étudiantes… Je dois quitter, je suis en panique… mon médecin m’arrête de travailler.

 

Je me rends au centre hospitalier, je veux mes résultats je n’en peux plus d’attendre. Ils sont arrivés, maintenant je veux les avoir. Le médecin ne peut pas me recevoir pour me les donner…. Ben voyons donc, l’infirmière de l’oncologie fait des démarches, mais il dit ne pas avoir le temps de me voir!!!! Je pleure ma vie… On ne peut pas me laisser passer encore une fin de semaine à me morfondre! Je laisse un message à mon médecin de famille… À 16h00, il me rappelle, il sait pourquoi j’ai appelé… quel homme humain! C’est confirmé… j’ai un cancer du sein, un  “carcinome canalaire infiltrant’’.Les ganglions lymphatiques ne semblent pas atteints. Évidemment je suis triste, j’ai peur mais je suis aussi soulagée de SAVOIR exactement ce que j’ai. J’ai un CANCER… un CANCER… un CANCER!... :(

 

J’ai un rendez-vous avec la chirurgienne qui me suivra. Plan de match : mastectomie partielle (on enlève juste la tumeur) avec ganglion sentinelle (pour voir si les ganglions sont atteints) et ensuite radiothérapie…pas de chimiothérapie… youpi! Les résultats sont quand même rassurants!

Points positifs :

  1. Je l’ai trouvé rapidement

  2. Ganglions ne semblent pas atteints

  3. Peu de chance que ça se soit propagé

  4. Masse pas trop grosse

  5. Stade précoce ou stade 1

 

Elle est rassurante et très gentille, je me sens en confiance avec elle. Même mon médecin de famille est passé me voir! Ça va bien aller!

J’ai rendez-vous avec mon médecin de famille pour qu’il remplisse mes papiers d’annulation de voyage, car nous devions partir dans le sud en famille!!! Une mauvaise nouvelle m’attend. Mes récepteurs hormonaux sont tous négatifs, donc les cellules sont plus agressives et le risque de récidives est plus grand… Chimiothérapie en vue…ayoye… je ne m’attendais pas à ça moi!  La chimio… je vais perdre mes cheveux… je vais être malade… je vais être faible….

Ce sont des up and down sans arrêt.  Je m’accroche au positif mais ce n’est pas facile!

Ma vie vient de prendre un virage à 180 degrés! Je dois maintenant me préparer à l’opération ...

À suivre bientôt!


                                                                                               Christine

publié(e) par Au-delà du rose sur nov 1, 2019 11:42 EDT

 
Au-delà du rose 278
Au-delà du rose
15 Billets 1 Auteur
Des femmes bénévoles engagées à réaliser et à diffuser les histoires de vie de femmes et d'hommes touchés par le cancer du sein par le médium d'un blogue nommé 'Au-delà du rose'. 

C'est un blogue collectif de plusieurs autrices et auteurs.  Des histoires de vie, parfois heureuses, parfois difficiles… des montagnes russes d’émotions vécues par tant de femmes et d’hommes. 



Au-delà du rose, est un blogue visant à partager, soutenir, démystifier, rallier, briser la solitude et surtout mieux connaitre et comprendre les différentes réalités du cancer du sein.  

Ce blogue a besoin de vous. Vous avez envie de nous raconter votre histoire Au-delà du rose ? 


Vous aimeriez devenir 
blogueuse/blogueur le temps d’un texte (ou de plusieurs)? 

 Envoyez-nous un courriel à

parlonscancer@quebec.cancer.ca  ou par messagerie privé à Au-delà du rose. 
 



 
ajouté(e) par Au-delà du rose