Quand on se compare, on se console...

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Ce fameux dicton est vrai malheureusement. Il y aura toujours plus démuni que nous, plus malade ou moins choyé que nous. Alors pourquoi se plaindre au lieu d’être reconnaissant de ce que l’on a et ce que l’on est.

Le jour de l'annonce, bien évidemment, j'étais en état de choc. Je voyais la fin de ma vie. Je paniquais. Je pleurais.
Et le temps que tu digères le tout, je crois que c'est normal comme réaction. On associe automatiquement le mot cancer à la mort ou quelqu'un en fin de vie tout maigre, le teint vert et les yeux creux.

Bref, les premiers jours passèrent et je ne voulais pas que ça m'arrive!

À mon premier rendez-vous en oncologie, j'étais en larmes dans la salle d'attente, toute seule (à cause du COVID). La salle était presque déserte. Je me souviens qu'une femme a traversé la salle et se dirigeait vers la sortie, flottant dans ses jeans avec un foulard sur la tête. Mon dieu, je ne voulais pas devenir comme ça. C'était tellement difficile à accepter. Alors je pleurais encore, essayant de faire ça en silence.

Et puis une maman est arrivée avec son petit garçon d'environ 7 ans. Ils ont pris un seul siège pour eux deux. Le petit garçon pleurait dans les bras de sa maman, épuisé, en disant: "je ne veux pas d'autres piqûres". Pleurant de plus en plus et répétant cette phrase sans arrêt. La mère tant bien que mal essayait de rassurer son enfant et de le calmer sachant qu'il n'y avait malheureusement qu'une seule voie.

Alors disons que je regardais la scène et j'ai immédiatement arrêté de pleurer. C'était tellement triste à regarder, cet enfant sans défense qui ne comprend pas trop que tout ce qu'on lui fait c'est pour son bien même si ce n'est pas agréable. Tout d'un coup, j'ai senti mon cas un peu moins tragique.

Quelques semaines après, quand mes gros traitements avaient commencé et que j'étais non fonctionnelle à peu près 9 jours sur 14.. et que ma mère dormait chez moi, m'aidait pour à peu près tout et le restant je dormais en me sentant physiquement misérable... Je pensais aux personnes âgées qui vivaient ces effets aussi et je me disais que ce devait être épouvantable pour eux! Ou encore une mère de famille qui ne peut pas se reposer autant que moi parce que les enfants et tout le reste la réclament. Ceux qui n'ont pas de famille et qui vivent ça tout seul, aidés par des étrangers provenant de services offerts une fois par semaine. Sans oublier ceux qui n'ont pas d'assurance salaire, assurance médicament. Mes 4 premiers traitements me coûtaient environ 130 $ par traitement en médicaments, assurance inclue sinon c'était aux alentours de 1 200 $.

Donc, rapidement, malgré la fatigue, l'anxiété, le mal-être, les douleurs, etc., j'étais reconnaissante de ce qui m'arrivait, de la façon que ça m'arrivait et de comment je vivais tout ça. De toute façon, on ne contrôle absolument rien d'autre que la façon dont on voit les choses qui nous arrivent.

Chaque jour, je vois quelqu'un qui est dans une pire situation que moi, en lien avec une maladie ou pas, peu importe. Tant de situations sont pires que la mienne. Aujourd'hui j'ai vu une jeune fille amputée d'une jambe. J'ai bon espoir que ma santé revienne alors qu'elle, sa jambe ne reviendra jamais de toute sa vie.

Chaque jour, je remercie, je prie, je suis reconnaissante de tout, ma vie, ma personne, l'abondance autour de moi. Même quand je n'étais pas malade, j'avais cette attitude. Cette façon de penser transmise par ma mère qu'il est important de reconnaître ce qu'on a au lieu d'envier ce que l'on n’a pas.

Je n'en dis pas plus, je crois que l'essentiel est là pour que vous compreniez bien ma façon de voir les choses et la vie.

Peace ;)

Commentaires

1 Commentaires

Quelle conclusion @CatL ! Contente que vous conservez cette attitude optimiste qui vous garde résiliente à travers votre cheminement 😊 Des billets comme le vôtre sont toujours plaisants à lire, à bientôt!

Audrey, Modératrice

Vivre avec un cancer du sein triple négatif - BRCA1
9 Billets 1
  • Culpabiliser de bien se sentir quand on réagit positivement au traitement avec peu d'effets secondaires.
  • Le vrai combat c'est contre notre propre mental.
  • Vivre dans la crainte que ça revienne.
  • Des nouveaux seins pour Noël!

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