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L'après hystérectomie : Retour à la maison et sentiment de solitude
Babre
11 billets
Bonjour,

Au mois de juin dernier, j'ai eu une conisation au col de l'utérus qui a révélée des marges positives. Une hystérectomie partielle a donc été pratiquée jeudi dernier, le 9 septembre : Ablation de l'utérus, des trompes, du col, une partie du vagin et deux ganglions sentinelles. Après deux nuits passées à l'hôpital, retour à la maison. Si la première journée s'est relativement bien passée, la seconde, je l'ai passé en grande partie sur une chaise de l'Urgence à cause d'une migraine et de ganglions du visage enflés et visage boursouflé. Un scan rassurant (pas de lésion au cerveau, pas d'AVC) m'a permis un retour à la maison dans la soirée d'hier.

Aujourd'hui, ce sera ma première journée seule à la maison. Ce matin, j'ai décommandée la visite d'un ami à la maison parce que je me sentais fatiguée et que j'avais l'impression de pouvoir m'occuper de moi-même lentement, mais sûrement. Au moment où j'écris ces lignes, je me sens tout à coup vraiment seule dans cette épreuve même si je suis entourée de très belles personnes proches. C'est une sorte d'ambivalence entre vouloir retrouver rapidement mon autonomie et ne pas prendre trop du temps et de l'énergie des personnes qui m'entourent j'imagine. C'est la première fois que je pleure et que je me sens triste depuis l'opération. J'avais réussie à avoir un bon moral, à rigoler, à être forte... Demain sera un jour meilleur! Dans un mois je rencontre mon oncologue qui me donnera les résultats des analyses. Je saurai si je dois faire de la chimio ou un autre traitement. J'ai confiance que tout ça sera bientôt derrière, je me croise les doigts.

J'aimerais bien connaître le parcours d'autres femmes qui ont vécues la même chose que moi, pouvoir échanger!

Courage et force à toutes et à tous!
8 Réponses

Bonjour @Babre

Votre message m'a touché. Je voulais voir comment vous alliez. La frontière est mince, n'est-ce pas, entre vouloir être seul et indépendant, et apprécier la compagnie des amis ou de la famille ?

Sara Modératrice

CaroGo
20 billets
Bonjour Babre‍ ,

Je ne vis pas le même cancer que vous, j'ai un cancer du colon métastasé au foie. Par contre j'ai subit un opération d'urgence en avril dernier où ma masse au colon à fait éclater mon appendice. J'ai été hospitalisé 7 jours et le retour à la maison fut difficile suite à une lente guérison de ma coupure sur le ventre.

J'ai eu le moral dans les talons pendants plusieurs semaines, tristesse, pleure et colère. Mon entourage m'a aidé beaucoup avec leur présence et leur écoute. Je leur demandais pas de me trouver des solutions mais seulement de m'écouter. Moi je suis d'avis qui faut faire sortir nos émotions, c'est pas vrai qu'on peut toujours être positive avec cette maladie. Votre retour à une autonomie viendra, mais en attendant ne refuser par l'aide de famille ou d'amis. Ils seront à votre écoute et partagerons avec vous votre tristeste et le retour à l'autonomie.

Bon courage
Babre
11 billets

Bonjour Sara!

Aujourd'hui mon psychologue m'a ouvert les yeux sur le fait que je ne pouvais pas assumer tout, toute seule et surtout sur mon état de santé qui finalement fait en sorte que je ne peux pas être seule de nombreuses heures pour le moment. Hier je ne pouvais plus me lever de mon lit et je n'avais pas la force de prendre mon téléphone qui était pourtant juste à côté de mon oreiller pour appeler à l'aide. J'ai commencé à glisser doucement vers une somnolence moelleuse et obscure au fil des heures. J'ai fini par l'achat prise et par ne plus comprendre que ma vie était en danger. C'est ma meilleure amie qui, s'étant rendue compte que je n'avais pas été sur les réseaux sociaux depuis plusieurs heures, à réalisée qu'il devait se passer quelque chose et est venue à mon aide. Heureusement, sa grande présence d'esprit m'a évitée le pire… Je n'ai pas dormi la nuit dernière parce que j'ai tout à coup pris conscience de la fragilité de notre être, que tout peut basculer à tout moment et qu'un petit dérèglement dans cet équilibre chimique peut nous laisser assez déstabilisé et confus pour nous laisser glisser doucement vers un sommeil sans réveil. J'ai tout à coup eu très peur.

Aujourd'hui j'ai mis mon orgueil de côté et j'ai créé un groupe Messenger avec mes amis les plus proches pour leur expliquer la situation. En 20 minutes, tout était réglé. Ils se sont mobilisés pour m'apporter leur soutien, leur aide et leur présence physique à tour de rôles. Je suis rassurée! Mon amie m'a expliquée que c'est tout ce qu'ils attendaient: un signe de moi, une demande claire! Qu'ils étaient là pour moi!

Alors il ne faut pas hésiter à demander le moment venu. La peur de déranger eu le syndrome de Superman/Superwoman, notre orgueil, il faut savoir les mettre de côté. C'est une réelle question de vie!

Aujourd'hui je me repose mais je me sens rassurée. Je sais que je ne suis pas seule et surtout je me sens en sécurité!

Bonne journée! Xx

Bonjour @Babre

Je vous remercie de m'avoir écrit. Votre message est très encourageant car vous êtes passé par une myriade d'émotions et de décisions et avez fait des progrès incroyables. J'ai été réconforté d'apprendre que les conseils de votre psychologue vous ont aidé à réévaluer vos priorités. Ce n'est pas une chose facile à faire pour beaucoup de gens. Je suis d'accord qu'il est effrayant de considérer à quelle vitesse cette obscurité dont vous avez parlé peut devenir le centre de nos vies. Vous avez pris la décision de créer un groupe Messenger avec vos amis les plus proches - et vous avez été presque immédiatement rassuré de savoir que vous étiez soutenu, qu'on s'occupait de vous et que vous n'étiez pas seul ! À mon avis, transformer cette contemplation en action est vraiment l'exploit d'une Superwoman ! ⚡

Avec bienveillance,

Sara Modératrice

Babre
11 billets

Bonjour CaroGo,

Après avoir pris mon courage à deux mains pour demander de l'aide et mobiliser mes amis, voilà qu'hier soir j'ai eu une grosse discussion avec mon conjoint à propos de l'autonomie. Maintenant le climat est froid et tendu entre nous deux et ça m'a brisé le coeur. Il croit que parce que j'arrive à me déplacer plus facilement, j'en suis rendue à être autonome dans ma convalescence et à pouvoir rester toute seule le jour et la nuit (nous n'habitons pas ensemble). Il pense que si je ne le fais pas maintenant, je me maintiendrai dans une sorte de peur ou de torpeur qui va m'empêcher d'avancer vers mon autonomie et ma guérison… Mardi dernier, lorsque mon corps a refusé de bouger, que j'étais seule à la maison sans avoir la capacité de demander de l'aide et que je me suis déshydratée et affaiblie, j'ai eu très peur de mourir toute seule (si mon amie n'avait pas comprit qu'il se passait quelque chose et n'était pas accourue chez moi, la situation aurait effectivement pu dégénérer davantage)… La nuit suivante, je n'ai pas pu dormir tellement j'étais terrorisée à l'idée d'avoir passé à deux doigts d'une catastrophe et en réalisant ma vulnérabilité.

Cette situation m'a simplement fait prendre conscience que je n'étais pas encore en mesure de m'occuper entièrement de moi-même, même si j'essayais de me prouver le contraire et c'est pourquoi j'ai fais la démarche de créer ce groupe Facebook avec mes amis : pour assurer ma sécurité physique, d'abord.

Seulement, mon conjoint croit que mon besoin actuel d'être entourée résulte d'un état d'esprit et non d'un réel besoin physique… C'est une situation qui est très compliquée à gérer pour moi. Parce que d'un côté, je le vois fatigué (et ça m'attriste vraiment pour lui) et plus difficilement à même de m'apporter son aide et son soutien (donc j'essaie de lui demander le minimum, soit de rester dormir chez moi en cas d'urgence et de m'aider pour transporter des choses plus lourdes, par exemple), mais de l'autre côté, sa réaction d'hier a réactivée mon sentiment de honte de ne pas être capable de tout faire seule et de devoir mobiliser mes proches…

Je me sens complètement perdue et triste ce matin…

Gps
6 billets

Je pense que nous ne pouvons pas vraiment traverser cette épreuve seule, les personnes qui nous entourent ont aussi besoin de savoir et d’être rassurées et l’échange nous encourage à voir des jours meilleurs. Tu n’es pas seule! Bon courage!

CaroGo
20 billets
Bonjour Babre

Je suis triste de voir que votre conjoint semble pas comprendre comment vous vous sentez. Moi aussi je trouve ça difficile d'expliquer comment je ne sens car on est les seuls à savoir. Je me suis déjà posé la question si je devenais paresseuse, mais non. Je vois que j'aurai toujours besoins de soutien à différent niveau. Je pense qu'il faudra reprendre la conversation avec lui. Ce que vous vivez n'est pas rien et le combat est difficile sans les autres. Garder votre cercle d'amies proche, si ce n'est pas lui c'est probablement vos amies ou le reste de votre famille qui pourra vous aider.

Je demeure convaincu que le dialogue est la meilleur solution. Il ne faut pas vous cacher derrière vos préoccupation et sentiment. Je ne sais pas quoi vous dire d'autre, mais votre conjoint est peut-être dans le déni il faut continuer à lui ouvrir votre coeur mais il ne faut pas se sentir coupable. C'est vous qui a besoin d'aide, mais le soutien psychologique pourrai vous aider aussi. Moi je parle avec un psychologue de l'hôpital à tout les semaines et ça aider. Elle me donne des trucs pour aborder ma nouvelle vie et mon entourage.

Demande à votre infirmière pivot elle peut vous mettre en contact.

Bon courage
Gps
6 billets

Moi mon conjoint était certain de comprendre ce que je ressentais à l’annonce de mon cancer, peux de temps après celui-ci a eu l’annonce d’un cancer et il a dit que cela était très différent et qu’il n’aurait jamais pu comprendre l’effet réel à l’annonce de celui-ci. Il faut le vivre pour le comprendre. Sans dramatiser on voit un mur face à nous! Bonne chance, à tous!

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