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Parlons de...la compassion envers soi-même
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La compassion envers soi-même, c'est quand nous nous donnons la même gentillesse et les mêmes soins que nous donnerions à une personne qui nous est chère. Nous lui témoignons du respect et du soutien lorsqu’elle est triste. Nous lui donnons du réconfort dans les moments difficiles.

Questions de discussion:

Quelle a été votre expérience avec la compassion envers soi-même, lorsque vous avez reçu un diagnostic de cancer/lorsque votre proche a été diagnostiqué ?

En tant que proche aidant ou en tant que personne atteinte de cancer, avez-vous fait preuve de compassion envers vous-même ces derniers temps ?

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8 Réponses
Julie 63
8 billets

Quel beau sujet que la compassion.

Je suis en attente d'un diagnostic. J'aurai bientôt une cystoscopie qui me dira quel type de tumeur vésicale j'ai.

Hier, soit le 22 juin, ça fait un an que j'ai arrêté de fumer. Le même jour, je passais un scan pour s'assurer que les teins n'étaient pas affectés.

Quand on sait que le tabagisme est grandement responsable de cette maladie, la compassion, j'en avais pas envers moi hier pendant le taco.

Je vais devoir prendre le chemin du pardon, mais c'est pas pour tout de suite.

J'ai ben de la misère avec ça actuellement. J'ai fumé 26 ans. Un demi paquet par jour. J'aimais fumer. Mais j'ai arrêté et j'ai oulu me remettre en forme.

Quel succès et arrêt tabagique, oui, mais ma joie est très mitigée.

Ce qui me fait le plus mal, c'est de voir des amis fumer.

Compassion. Oui. Mais pas maintenant. J'ai du chemin à faire pour y arriver. Mais ça viendra j'en suis sûre.

Je me sens mieux comme le temps passe….il y a sept annees depuis j'ai atteint le cancer…mon corps n'est pas normal mais je suis ici vivre pour maintenant…je vis juste pour aujourd'hui…

mandolyne
7 billets

J'ai été proche-aidante pour mon mari en 2015, 8 longs mois d'espoirs, de petites et grandes victoires, d'accomplissements et aussi de rêves réalisés en urgence quand nous avons appris que la fin était inéluctable.

Mon expérience? Je n'en pouvais plus de me faire dire “t'es donc bien forte” ou “t'es donc bien courageuse”. La force et le courage n'ont rien à voir là-dedans, ou si peu. Être proche-aidant.e est un acte d'amour, tout simplement. Je t'aime, je ne peux faire autrement que t'aimer par mes soins, mes paroles de réconfort, mes encouragements et mes démarches pour te faire vivre de belles et bonnes choses.

Être proche-aidant.e c'est aussi se rappeler ses propres limites, respecter son droit de pleurer ou vouloir fesser dans les murs… c'est aussi se pardonner quand, épuisé.e, on a pas le goût d'aller chercher le foutu verre d'eau. On y va, bien sûr, on se sent un peu coupable d'avoir eu un moment de paresse, si passager soit-il. Et tout ça est normal. Si on ne vivait ni faisait pas tout ça, nous ne serions que des robots.

Nous, proches-aidant.e.s, sommes des humains dont les mots et les gestes sont empreints d'amour.

GiNet
6 billets

La compassion envers soi-même en tant qu'aidante (de ma soeur)…

Parce que je suis mère de deux enfants avec des handicaps, je sais que le premier pas est d'admettre son impuissance. Ensuite de ne pas me laisser envahir par des sentiments de culpabilité ou d'apitoiement. Ça ne sert à rien et ça n'aide personne, moi la première. Il faut aussi savoir reconnaître ses limites et être à l'aise avec elles.

Dans mon expérience, je réfère souvent le rôle d'aidant à la situation suivante: en avion, une des consignes de sécurité est de mettre sur soi-même le masque d'oxygène avant d'aider son enfant ou son voisin à le faire. Si je perds mes moyens, je suis incapable de porter secours à l'autre.

Pour aider l'autre, je dois être bien avec moi-même. Si je vais moins bien, je cède autant que possible la place ou la tâche à un autre avant de revenir en force.

@mandolyne Totalement d'accord avec vous.

Pouki
151 billets
Bonjour, La compassion envers moi-même en tant que proche aidante de maman lors de son cancer a été de comprendre que la personne qui m’a demandé : »Et vous, qui prend soin de vous? » ne posait pas une question ridicule,mais faisait preuve de bienveillance à mon égard. J’ai appris donc par auto compassion à prendre du temps pour moi dans le but de mieux prendre soin des autres. La compassion envers moi-même en tant que proche aidante de mon père amputé à 81 ans a été à son décès de ne pas vivre deuil et mort comme un échec, mais comme un processus inévitable qui permet à l’amour d’émerger autrement. La compassion envers moi-même en tant que proche aidante de ma mère en maladie du spectre de l’Alzheimer a été de vaincre l’impression de culpabilité peu importe le degré de dévouement qui ne semble jamais assez! La compassion envers moi-même en tant que souffrant d’un cancer et des conséquences des traitements a été d’accepter l’aide de mon mari et que désormais l’ancien normal ne reviendrait pas et que je devais aller de l’avant sans un regard en arrière. La compassion qui commence envers soi-même pour s’étendre ensuite aux autres est un processus, un cheminement, une constante évolution qui s’adapte au fur et à mesure à ce que la vie met sur le chemin. Bon courage tout le monde et je vous souhaite une vie remplie de bienveillance et de compassion
Concert
42 billets

Je dois vous avouer humblement que rien ne me vient à l'esprit pour répondre à cette question. Compassion envers soi-même? Ça veut dire quoi concrètement?

Je me débat depuis trois ans contre un cancer colorectal avec métastase au cerveau. Il y a eu des moments de désespoir, des moments heureux.

De la compassion j'en ai reçu à la tonne de ma famille, de mes amis, du personnel soignant. Toutes ces personnes que je ne remercierai jamais assez.

Compassion envers moi-même? Je ne comprend pas.

Pouki
151 billets

Bonjour @Concert ,

Je ne sais pas si vous aimeriez comprendre ou si vous vouliez juste exprimer votre incompréhension ou agacement. Si vous aimeriez mieux saisir, lisez ce qui suit. Sinon, j’entends votre incompréhension et je la comprends un peu, je crois et vous faites bien de la dire, ça nous force tous à approfondir notre réflexion.

peut-être que bienveillance envers soi-même serait plus clair? Je crois simplement que ça veut dire en tant que souffrant de ne pas se demander de revenir à la normale trop vide, de ne pas se mettre la barre trop haute, d’accepter de vivre toutes les étapes du deuil sans se taper dessus ou se forcer à sourire pour ne pas déprimer les autres, et savoir s’offrir plein de douceurs.

probablement que vous vivez déjà tout ça sans mettre le mot « compassion » dessus. D’ailleurs « bienveillance » ou « acceptation » sont peut-être plus appropriés. Accepter de vivre l’inacceptable, c’est pas mal notre parcours commun à tous ici.

Vous semblez profiter d’un entourage formidable, quelle aide merveilleuse pour traverser votre longue épreuve. Tenez bon!

Lilac
3 billets

Merci pour ce partage @Pouki . Je dois moi aussi accepter l’aide proposé par mon entourage. Pas facile quand c’est dans ta nature de tout faire toi-même et aussi d’aider les autres. Tu as tellement raison quand tu dis qu’il faut laisser l’ancien normal de côté et accepter le nouveau normal. Quel apprentissage.

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