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Cancer du col à 34 ans, chimio radio et ménopause
Saris
11 billets
Bonjour à tou.te.s

j’ai 34 ans, pas d’enfant, et 2 cancers du col à mon actif en moins d’un an. Le premier a été traité via une conisation, le deuxième ayant été particulièrement agressif (stade 2b1 qui s’est développé en 4 mois), les médecins ont eu recours à de la chimio et de la radiothérapie. On m’avait annoncé que, si je ne réagissais pas rapidement, je risquais de mourir dans l’année. Pas le temps d’envisager une grossesse donc. J’ai fait congeler mes ovocytes. Aujourd’hui mes traitements sont terminés. La radiologue est confiante; mais je n’ai pas encore pu faire de tep scan de controle. Les médecins m’ont confirmé la semaine dernière que j’étais ménopausée. J’avais espéré très fort que j’y échapperai, que mon corps serait plus fort. Je suis effondree: peinée de renoncer à mon envie de porter mon enfant; en colère d’être confrontée à la ménopause à mon âge: j’ai peur de la manière dont mon corps va changer. J’aimerais parler à des femmes ayant eu un parcours similaire. 
merci :)
9 Réponses
Maxime
14 billets
Bonjour Saris. Bon je suis clairement pas une femme mais je voulais te dire que tu as tout mon admiration de l'attitude que tu dégage vis a vis de tout ca. Clairement en bas de 35ans... On a la vie devant nous et je trouve ça un peu injuste. En même temps je crois que c'est la maladie nous rend meilleure. Elle nous montre a quel point il faut savourer chaque seconde.
bonne chance a toi pour la suite
Saris
11 billets
Merci à vous deux Max‍ & Yves Modérateur‍ <3. Comme tu dis @Max, la maladie nous apprend (de manière assez brutale) qu'il faut savourer chaque seconde. Je ne me suis jamais autant émerveillée devant des choses anodines de la vie haha! Bonne chance à toi également -je ne sais pas où tu en es dans tout ton parcours, mais je te souhaite qu'il te soit le moins douloureux possible.
melusine
528 billets
Bonjour Saris, vous n avez pas un parcours facile pour votre âge.  Le fait de ne pas pouvoir porter d enfant doit être très difficile â accepter. Vous passez par toute une gamme d émotions et je vous comprends, ça ne doit pas être facile. 
Comme tu dis si bien il faut profiter de chaque moment, il faut savoir s émerveiller sur la beauté d un coucher de soleil, d écouter le chant des oiseaux, de prendre le temps de regarder des chevreuils qui passe lors d une randonnée etc...
Tu vois en t écrivant je me rends compte de ce qui compte vraiment,  profiter du moment présent. 
Je te souhaite bonne chance pour la suite des choses.
mélusine 
I ll be there
2 billets
Bonjour,

Ma situation n'est pas tout à fait la même, mais similaire. J'ai 34 ans et on vient de m'annoncer que j'ai un cancer de l'utérus. Mon conjoint et moi sommes en processus de fertilité depuis 4 ans au privé sans succès et nous n'avons pas d'enfants. Nos pronostics de pouvoir avoir un enfant en ce moment sont de 25%, puisqu'on risque de devoir m'enlever l'utérus si mon traitement médical ne fonctionne pas. 

Si jamais tu veux parler n'hésite pas. Je n'ai pas vécu la chimio ni la radio, mais je comprends ta blessure psychologique.
Cendrillon
157 billets
Effectivement, la vie vous apporte beaucoup de difficultés à un si jeune âge. Il n'y a pas de réponse précise en ce qui concerne votre santé. Je comprends que vous vivez deux deuils en même temps, ce qui est énorme. Plusieurs couples que je connais désiraient avoir des enfants et pour toutes sortes de raison, ça n'a jamais fonctionné. Pour ma part, ce fut très difficile. J'ai quand même eu un enfant. J'ai été en deuil longtemps car nous en voulions plus. J'ai été fâchée contre la vie. J'ai focussé sur pleins de petits bonheurs, mais pour y arriver, le temps fut mon allié. Je vous comprend et je vous souhaite plein d'amour.
Catou80
37 billets
Bonjour à vous I ll be there‍ ,
Je voulais vous écrire même si je ne vis pas tout à fait la même chose que vous pour que vous sachiez que vous n'êtes pas seule. J'ai eu 3 fausses couches en 3 ans qui ont finalement abouti à deux beaux enfants qui ont maintenant 6 et 8 ans. Je ne croyais jamais pouvoir devenir maman un jour. Puis, cette année, pour mes 40 ans cette année, on m'a diagnostiqué un cancer du sein métastatique. Au départ, les pronostics n'étaient pas très bons. Avoir ce type de cancer très jeune et avec de jeunes enfants est très difficile à vivre. Je peux comprendre tous les bouleversements que ce diagnostic amène. Pour le moment, je vais bien. Les traitements semblent fonctionner. On doit garder espoir. Je suis de tout coeur avec vous. Ça ne doit pas être facile. Je pense à vous très fort. Bonne journée! 
I ll be there
2 billets
Merci à vous 2, Cendrillon et Catou80. C'est toujours apaisant de savoir qu'il y a des gens pas très loin au bout du clavier qui comprennent une partie de notre souffrance.

J'essaie de focusser sur mon traitement actuel et qui sait, peut-être que je vais être parmi "une femme sur quatre" qui verra son cancer partir sans avoir à retirer l'utérus. On se croise tous les doigts !
Saris
11 billets
Bonjour I ll be there‍ ; merci de répondre à mon message, et de venir partager ton histoire. Tu sembles dire dans ton message que le diagnostic est récent: je t'envoie toute ma force; je sais combien ces moments là sont difficiles à encaisser... Tu dis aussi dans ton message que ton conjoint et toi étiez déjà dans un processus de fertilité; j'imagine que la nouvelle d'un cancer par dessus ne doit pas être évidente... Il faut beaucoup de force dans des moments pareils, et le seul fait de venir discuter ici est déjà un signe de courage et de volonté de s'en sortir; tu peux être fière de toi d'avoir de si bons réflexes (ça m'a pris 4 mois de pouvoir venir écrire ici)!

Quels traitements vas-tu suivre? Comment te sens-tu par rapport à ça? Dans ton autre message tu expliques que tu focus là-dessus et que tu croises les doigts pour que ça fonctionne sans retrait de l'utérus: tu sembles positive et pleine d"espoir; BRAVO, je suis sûre que ton corps entend ces ondes positives, qu'il les ressent. Continue de te nourrir de tout ce qui peut te donner encore plus d"espoir et d'amour. Je crois profondément que ces émotions contribuent à notre guérison. 

Je te souhaite du fond du coeur qu'on ne te retire pas l'utérus. D'ailleurs, as-tu déjà discuté avec les oncologues de mesures de préservation de fertilité (congélation des ovocytes)? Je te souhaite que tu n'aies pas besoin d"en arriver là mais si les choses ne se déroulent pas comme espéré, ça peut aller très vite: dans mon cas, le fait de pouvoir congeler mes ovocytes s"est joué sur une fin de rendez-vous, en quelques minutes, pcq j"en ai parlé pro activement à mon oncologue. Même si sur le moment cette option parait d"une violence inouïe, elle peut apaiser des blessures par la suite. C'est ce qu'il se passe pour moi en tous cas. A l'époque où j'ai envoyé ce message, en juin, j"étais dans une grande détresse psychologique: j'avais survécu au cancer mais tu vois, je n'étais pas sure de réussir à survivre à la peine que j'ai ressentie quand j'ai accepté d'entendre que j'étais menopausée (j"ai d'ailleurs failli écrire: "quand j'ai accepté d'entendre que j'allais très certainement être ménopausée" ahah tu vois, j'ai visiblement accepté une partie de cette information, mais pas complètement). Bref, en juin, j"avais mal comme je n"ai jamais eu mal de ma vie; pire que pendant la chimio et les radios. Ca a pris quelques semaines, mais le fait de savoir que j'avais des ovocytes de côté m'a peu à peu apporté du réconfort et je peux dire qu'aujourd'hui, je suis encore là pcq j"ai cette perspective. Les chances que je porte mon bebe moi-même sont, à moins d"un miracle auquel personne ne croit à part moi, quasi nulles; mais je trouve de l"espoir et une grande envie de vivre aussi dans ce projet de grossesse par procuration, et dans l"idée que je pourrais avoir un bébé de mon conjoint et moi. Je sais que ce n'est pas très rationnel, mais cette possibilité de retrouver un parcours presque "classique" ou "banal" fait partie de ma manière à moi de guérir. Bref je m"égare un peu juste pour dire que, si par la plus grande des malchances, tu devais subir un traitement supplémentaire plus invasif; ça peut aider à tenir le choc. 
En tous cas, une étape à la fois. Quand commences-tu tes traitements? Arrives-tu à exprimer tes émotions? A les partager? Je me souviens m'être sentie seule à l'époque. Pas facile de rencontrer des femmes qui comprennent ce qu'on vit -tu es la 3e femme avec laquelle j'échange qui ait un âge et un parcours similaire aux miens, alors je te remercie encore plus <3. Sache que tu n'es pas seule, que même si l'on ne se connait pas, mon histoire fait que j'entends et comprends ta peine, au moins en partie; chaque histoire et chaque douleur étant évidemment singulière. 
Aussi, au risque de sonner cheesy, je te le dis pcq je le ressens: quand la vie semble s'est écroulée autour de moi comme ça a été le cas à l'annonce du 2e cancer puis de la menopause qui suivrait, je n'aurais jamais imaginé que 8 mois plus tard, j'aurais déjà retrouvé le goût de vivre et confiance en la vie. Peut-etre pcq j'ai failli la perdre justement; mais pcq je l'ai vécu, que je le vis maintenant, je te le dis sans que ce soit du BS de qqn qui n'est jamais passé par qqch de similaire: la vie après une telle épreuve est encore plus belle chère I ll be there‍, et je suis sûre tes projets de famille viendront à toi, peut-être d'une toute autre manière que celle que tu avais imaginée, mais la vie trouvera son chemin <3. C'est ce qui me tient debout en tous cas.

Au plaisir de te lire, prends bien soin de toi. 

 
Saris
11 billets
Chère I ll be there‍ ; comme quoi tu vois chaque jour est différent: aujourd’hui, après avoir appris qu’une de mes amies les plus proches, était enceinte de son premier enfant; c’est particulièrement difficile. J’ai la haine contre la maladie et ses conséquences; mes pensées positives et mon optimisme ont bien de la misère à m’aider à surpasser mes peines et mes peurs de ne pas réussir à être maman à mon tour un jour. Je sais que cet état va passer, comme tout; mais cet écart entre mon mental hier quand je t’ai écrit et maintenant prouve bien la véracité de l’expression « un jour à la fois ». 
grosses bises à toi 
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