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Deuil d'une petite famille dans un avenir rapproché
Joelle_1992
16 billets

Bonjour à vous,

Je souhaitais écrire sur un sujet qui m'amène beaucoup de tristesse ces temps-ci : le deuil de fonder notre petite famille dans un avenir rapproché…

Mon conjoint (32 ans) et moi (29 ans), nous nous sommes beaucoup concentrés sur nos carrières dans les dernières années. Nous avons de très bons emplois stables dans nos domaines respectifs, nous avons acheté notre première maison il y a 3 ans. Au printemps, on s'était décidés à fonder une petite famille d'ici la prochaine année, puis début juin la nouvelle de la découverte d'une masse au thorax (possiblement un sarcome, encore en cours de diagnostic) chez mon conjoint nous est tombée dessus comme une tonne de briques. Depuis ce temps, plus aucun projet ne tient, tout est incertain…

Mon entourage accueille beaucoup de bébés ces temps-ci et j'ai de la difficulté. Ma soeur attend son troisième, ma meilleure amie vient d'accoucher, ma belle-soeur a eu sa première fille en juillet dernier, un couple d'amis proche vient de nous annoncer leur troisième grossesse, plusieurs collègues accueillent des nouveaux venus dans leur famille respective. J'ai un immense blocage personnel ces temps-ci à ce niveau. Normalement je suis la personne la plus optimiste et heureuse du bonheur des autres du monde, mais ces temps-ci j'ai beaucoup de peine accumulée. Je me suis surprise à devoir aller pleurer aux toilettes lorsqu'une collègue a annoncé sa grossesse la semaine dernière, je pleure parfois en silence devant des statuts d'amis sur les réseaux sociaux. C'est immensément difficile, je m'en veux. Je m'en veux de ne pas être capable de partager leur bonheur car ce n'est pas de leur faute, mais ça me fend le coeur quand je les entends me dire que c'est leur plus bel accomplissement, le plus beau bonheur de leur vie, etc. J'aimerais pouvoir partager leur bonheur, mais j'ai une immense tristesse dans mon coeur et je ne sais pas si je réussirai à passer par-dessus prochainement. Je me demande quand et si nous pourrons avoir une famille (si mon conjoint aura de la chimio), surtout que les médecins parlent d'une possibilité de cancer génétique. Si c'est bien le cas, je me demande s'il ne serait pas mieux de ne pas avoir d'enfants nous-mêmes, mais c'est un gros deuil à vivre.

Si jamais vous avez vécu des situations similaires, je serai curieuse de lire vos témoignages. Je n'ose pas beaucoup en parler à mon conjoint car il a déjà mille inquiétudes, je ne veux pas l'inquiéter outre mesure avec mes peines en plus. Il le sait un peu que ça m'attriste, sans plus.

Finalement, je sais aussi que j'aurai besoin d'aide d'un psychologue… Je ne sais pas à qui m'adresser pour faire une demande. Je ne sais pas s'il y a des ressources pour les conjoints des malades? Si non, je devrai avoir recours au privé…

Joëlle

5 Réponses

Bonjour @Joelle_1992

Je suis vraiment désolé d'apprendre ce que vous vivez.

Vous pouvez parler à un spécialiste de l'information sur le cancer au 1-888-939-3333. Ils peuvent vous aider à trouver des informations et des services, notamment un psychologue.

Voici le lien pour plus d'informations sur ce service : https://cancer.ca/fr/living-with-cancer/how-we-can-help/talk-to-an-information-specialist.

N'hésitez pas à contacter l'équipe de modérateurs si nous pouvons vous aider de quelque manière que ce soit.

Avec bienveillance,

Sara Modératrice

Joelle_1992
16 billets

@Sara Moderatrice, merci infiniment

Stef91
12 billets

Bonjour Joëlle,

Je viens tout juste de répondre à votre autre post, mais je voulais vous parler ici aussi pour ce sujet.

Je comprends vraiment votre peine. C'est un vrai coup de pelle dans le visage, une annonce de cancer, quand on est jeunes et qu'on démarre sa vie, que tout est sur une bonne lancée… et qu'on souhaite fonder sa famille en plus.

Je compatis. C'est horrible de mettre sa vie sur pause et de voir les autres autour de nous avoir des enfants, continuer leurs projets.

Ma travailleuse sociale m'a dit quelque chose qui me reste en tête quand je me dis que je ne peux pas accepter tout ça. Elle m'a dit : pas besoin de l'accepter. Ça m'a allégé l'esprit, de me dire OK, c'est vraiment de la m…. et c'est ça. Je ne l'accepte pas. Et c'est correct. On a le droit de juste vivre ces émotions négatives sans essayer de faire la paix avec. Ça viendra éventuellement de soi.

Mon témoignage est un peu différent de votre histoire. On a eu notre petite fille, et on voulait 3 enfants. Dès le début de notre relation, il y a douze ans, on avait prévu d'avoir une famille. Le diagnostic de sarcome est venu balayer nos certitudes.

Juste avant de commencer la chimio, on a accepté la proposition de l'infirmière pivot, d'aller en andrologie au CHUL pour faire congeler des échantillons de sperme de mon conjoint, pour nous permettre de poursuivre éventuellement le projet. On s'est dit que le cancer n'empêcherait pas ça, et c'est une énorme décision, mais on veut quand même une famille, en ne sachant pas l'avenir. On s'est dit que de toute façon, personne ne sait ce qui va lui arriver demain.

On a eu nous aussi la grosse peur du cancer génétique. Le médecin nous a dit que pour les sarcomes, la majeure partie du temps, c'est dû au hasard, et non à la génétique. Le risque est là, mais on l'a écarté, en demandant d'avoir un suivi en génétique. On a attendu 2 mois, mais on a maintenant la conscience tranquille pour ça. Mais un gros 2 mois de misère à imaginer que ce foutu cancer pourrait affecter ma petite fille d'à peine 6 mois au moment du diagnostic. On s'est fait beaucoup de mauvais sang. C'était difficile, j'allais lire là-dessus sans arrêt. Maintenant, avec du recul, je regrette d'avoir lu tout ça, mon conseil est ne pas trop s'aventurer sur internet, sérieusement, c'est un gouffre sans fin.

Pour de l'aide d'une psychologue ou travailleuse sociale, j'ai fait une demande auprès de l'infirmière pivot de mon mari. C'est par la suite une travailleuse sociale qui m'a appelée, et on a fait ça à distance. Ça ne m'a rien coûté. Ça m'a fait du bien. Sinon, on peut aussi passer par un médecin de famille/clsc, fondation, ligne de support, etc.

Ce sont de belles ressources et il ne faut pas hésiter. :)

Bonne soirée et je pense à vous.

Joelle_1992
16 billets

Bonjour @Stef91,

Merci, encore une fois. Nous avons aussi pensé à la congélation du sperme, et devrons aussi passer les tests génétiques pour faire sûr, si jamais il y a un « après » où nous pourrions penser fonder notre famille.

Pour l’aide psychologique, je pense que je demanderai à l’infirmier pivot la prochaine fois qu’on le verra. J’aurai besoin de ventiler, d’en parler à quelqu’un qui saura m’écouter et être parfois de bon conseil (comme ton conseil qui dit qu’on n’a pas à accepter nécessairement… ça me fait réfléchir!). J’en aurai bien besoin.

Joëlle

Joelle_1992
16 billets

Pour ceux que ça pourrait bien intéresser (et pour me faire du bien à moi-même d'en parler) : Nous sommes allés rendre visite à mes amis hier et à leur petite nouvelle. J'ai appréhendé ce moment toute la semaine. Avec la fatigue du travail et des émotions de la maladie de mon conjoint, j'étais à fleur de peau et j'avais peur de me mettre à pleurer quand j'allais les voir. Mais finalement, ça s'est merveilleusement bien passé! J'étais tellement contente de voir mes amis et de rencontrer leur belle cocotte, ça m'a fait un baume sur le coeur. 💜 Je suis déjà en amour avec la petite, elle est si adorable.

Bien sûr, ça fait aussi de la peine de voir mon chum si beau avec un bébé dans les bras et de ne pas savoir quand ça pourra être le nôtre, mais ça m'a fait moins mal que ce que j'aurais pu m'imaginer.

Je n'ai pas non plus eu de grosse peine par la suite, alors je suis vraiment, vraiment contente. J'appréhendais beaucoup, pour rien finalement. C'est un soulagement 😊

Joëlle

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