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Je suis une survivante, enfin je crois...

Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jun 7, 2020 1:51

Bonjour,

Le 30 décembre dernier j'ai reçu un diagnostic pour un cancer de l'utérus de stade A grade 1. Ce fut un choc pour moi et mon conjoint, surtout qu'on ne s'attendait pas à ça du tout. En septembre dernier, j'avais fait mon examen gynécologique de routine et en octobre mon médecin m'a dit que j'avais des cellules atypiques, donc elle voulait que je passe une colposcopie. Je l'ai passé en novembre et le résultat est tombé le 23 décembre... La gynécologue a demandé à me voir absolument le 30 décembre. Boum!! Parce que ça fait cet effet, comme une bombe qui explose au visage. On n'y croit pas, on se dit qu'il y a une erreur. Tout se bouscule dans ma tête. Mon chum est avec moi, je dois être forte. Je pose pleins de questions, je réagi au quart de tour. Le médecin sort du bureau quelques instants, mon chum qui retenait ses larmes n'en peu plus et il se laisse aller. Je le console du mieux que je le peux. La médecin me dit que c'est le plus beau des ''cancer'', car avec une opération, le retrait de l'utérus et hop le cancer a disparu... Quand elle me dit ça, au plus profond de moi, je croise les doigts pour que le cancer soit seulement dans l'utérus. Je reste positive, tout va bien aller. Et comme à cet hôpital on ne s'occupe pas de ces cas-là, elle m'explique qu'elle doit transférer mon dossier dans trois hôpitaux, deux à Montréal et l'autre à Laval. Et à partir de ce moment je dois attendre leur retour. Elle m'explique les quelques options qui ''s'offrent'' à moi.
Le retour à la maison fut plus difficile... Beaucoup de questionnement s'imposent! J'ai 35 ans au moment de l'annonce. Nous n'avons pas encore d'enfant, c'était notre choix pour le moment. Mais nous devons prendre une décision : subir l'opération et retirer l'utérus ou prendre des hormones et essayer d'avoir un bébé. Nous adorons les enfants. Nous en avons pas jusqu'à maintenant pour plusieurs raisons, car nous avions le temps d'y réfléchir. Mais là nous devons y penser. Nous choisissons l'opération. Je ne veux pas prendre de risque avec ma santé, si jamais le cancer se développait rapidement. De plus, comme tout porte à croire que c'est sûrement à cause d'un problème hormonal, je ne veux avoir la déception, en plus, de ne pas être capable de tomber enceinte et de passer pleins de tests.
Dans ma malchance, j'ai de la chance : je suis prise (probablement) au tout début, le 31 décembre je reçois déjà un appel de Laval pour l'ouverture de mon dossier, premier rendez-vous le 10 janvier, plusieurs tests s'ensuivent en janvier et le 5 février je reçois l'appel pour mon opération qui aura lieu le 11 février. Ouf!! Tout se passe très vite, trop vite même, je n'ai pas le temps d'analyser tout ce qui se passe. Le mois de janvier fût des plus pénible de ma vie. J'ai continué de travailler jusqu'à mon opération pour préparer mon absence qui arrivait à grand pas. J'essayais de toujours être positive pour que les personnes autour de moi ne soient tristes ou stressées. Le plus difficile a été la première fois que nous l'avons annoncé.C'était à ma mère. Il n'y a pas beaucoup de façon de faire. Mais comme j'avais une attitude positive, le choc passait plus vite.
Vient ensuite le jour de l'opération : retrait de l'utérus, des trompes et des ovaires (je ne prends pas de chance) : tout se passe bien. Je récupère bien à la maison. On s'occupe bien de moi. Je reprends du mieux physiquement assez. Arrêt de travail pour un six semaines. Je revois le médecin à la mi-mars... Et là, le covid arrive... Rencontre avec un autre médecin, car mon médecin est en quarantaine. La pire rencontre de ma vie, qui pourtant était positive. Résultat de la pathologie : cancer seulement dans l'utérus, les ganglions sont beaux et aucune trace dans les ovaires non plus. Mais je sors du bureau aussi démoli que lorsque j'ai reçu le diagnostic. Je suis en colère après le médecin, car il m'a ''pitché'' toutes ces informations. Bref, je ne m'explique pas ce que je ressens à ce moment-là.
Deux semaines après, le lundi matin de la semaine (tout juste après Pâques) où je dois recommencer à travailler, je sens que rien ne va. Et là, j'éclate en milles morceaux à l'intérieur. Couché dans mon lit, mon chum qui me demande ce qui ne va pas, moi qui n'est pas capable de l'expliquer, j'éclate en sanglot. C'est la première fois que je pleure vraiment depuis l'annonce du diagnostic... Depuis l'annonce du cancer que je suis positive pour tout le monde, que je suis forte et que rien ne semble m'atteindre, mais là, je suis ''détruite''. Je pleure et pleure. Je prends conscience de pleins sentiments qui m'habitent. Je ne me sens pas la force de retourner au travail. Pas dans mon état d'esprit actuel, pas avec le covid qui rend le quotidien difficile à vivre. Je téléphone donc à mon médecin de famille pour rendez-vous. Elle m'accorde un répit de 4 autres semaines et on verra après. Lors de mon rendez-vous, je prends conscience que pendant ma convalescence j'avais pris soin de mon état physique, puis après était apparu le covid, donc ''tout avait plus le bord''. Mais je n'avais pas pris soin ma santé mentale, de mon esprit. 
Je ne sais pas si tout ce que je ressens est normal : culpabilité, colère, tristesse, solitude, fatigue, syndrome de l'imposteur.
Je crois que j'ai besoin d'être rassurée et d'avoir des réponses sur ce que je ressens.

Merci de m'avoir lue!
 

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Maieve sur jun 8, 2020 7:50

Bonjour B_ryn36‍ ,
J'ai tellement l'impression de vous comprendre. J'ai 34 ans et le 26 février j'ai subie une chirurgie explorative. En raison du COVID j'ai dû attendre jusqu'au mois d'avril pour le résultat de pathologie. Puis, le résultat est tombé : Pseudomyxome Péritonéal, un rare cancer qui provient de l'appendice et qui se répend partout dans le ventre. À 34 ans je n'ai pas encore d'enfant et on m'apprend qu'on devra m'enlever les ovaires, trompes de fallopes et fort probablement l'utérus. À partir de là, je vais dire comme vous, tout se passe très vite! Les rendez-vous se multiplient et comme  je dois aller à ces rendez-vous seule j'essais d'être forte. À un tel point que ça m'a pris plusieurs semaines avant d'avoir une réaction émotionnelle. Je revenais des rendez-vous et je répétais tout ce que le spécialiste avait dit à mon conjoint, et ce, de manière strictement rationnelle. Ça a pris quelques semaines, mais finalement j'ai éclaté et toutes les émotions sont apparues. Ma grosse chirurgie était prévue pour le 16 juin, mais j'ai appelé ma chirurgienne pour lui demander de parler à une spécialiste de la fertilité. J'ai fais la procédure de préservation des ovules et vendredi passé on a réussi à congeler deux de mes ovules. J'aurais aimé qu'on me parle dès le départ de cette option qui est entièrement couverte par la RAMQ en cas de cancer. Avec tout ça, ma chirurgie est remise au début juillet. Tout comme vous je ressent culpabilité, colère, tristesse, solitude, fatigue. Je suis en arrêt de travail depuis la première chirurgie, à la fin février, en attente du reste de la procédure et chaque fois que je dois prolonger mon arrêt, je me sens coupable et angoissée. Toutefois, je pense que c'est important de prendre le temps qu'il faut et de soigner son bien-être mental. Je vous souhaite un bon rétablissement, autant sur le plan mental que physique et j'espère que vous allez prendre le temps qu'il faut pour vous remettre sur pieds.

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Bingo sur jun 8, 2020 9:57

Bonjour B_ryn36‍ 
Je te comprends tellement.  Il y a maintenant 2 ans j’ai reçu un résultat comme toi cancer de l’endomètre Grade 1 stade 1 A avec ganglions négatifs.  La grosse différence c’est que moi j’avais 55 ans.  Je n’ai pas eu à me demander si je devais garder mon utérus.  Le retour à la normale a été très difficile. Depuis 1 an je prends des anti-dépresseur, j’ai lutté pour ne pas en prendre mais en vain.  Depuis ça va mieux. J’avais peur que le cancer revienne ça me hantait même si ma gynécologue et mon gynécologue oncologue me disaient que les chances de récidives étaient quasiment nul. Toi tu es ménopausée maintenant c’est difficile à vivre ça aussi moi je l'étais déjà c’était un affaire de moins à gérer.  Donne toi du temps aussi.  Tu peux consulter moi j'avais été voir un psychologue. Bonne chance dans ton parcours.

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Marianne sur jun 8, 2020 11:29

Réponse pour B_ryn36‍ 

Bonjour à toi!

Je te lis, je te comprends. Tout se déroule si vite, si abruptement... Je me suis crue dans les abysses d'un océan en train tout heurter sur mon passage... Le 29 avril, j'apprends donc que j'ai un cancer du sein, un triple négatif... Je suis déjà en processus de traitement... Mon moral est malgré tout très bon, je reste positive, je m'occupe beaucoup (lecture, exercice, marche, yoga). Oui, je prends soin de mon corps spirituel! J'ai une soif de vivre exceptionnelle! Je me lève tôt et j'écoute le chant des oiseaux comme jamais! Maintenant, je fais confiance aux spécialistes et je me fais aussi confiance. En peu de temps pour toi, pour vous deux, vous avez beaucoup de choses à absorber, à accepter... et la gamme d'émotions que tu vis, sache les accueillir...

À bientôt! Essaie de rester "Ici et maintenant"...

Marianne

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jun 8, 2020 11:51

Bonjour Maieve‍ ,

On ne m'a pas parlé de la possibilité de conserver mes ovaires, j'aurais aimé le savoir, mais en même temps cela se passe tellement vite. Et après le résultat de la pathologie, je crois que je n'aurais pas pu le faire. Si je comprends bien, il y a avait des kyste au ovaires.
J'ai mon rendez-vous cette semaine avec le médecin pour le retour au travail. Ça m'angoisse beaucoup et surtout avec le contexte actuel de la pandémie. Comme j'ai quitté bien avant que tout cela arrive, il y a eu beaucoup de changements. Je souhaite un lent retour progressif. 

Je te souhaite bonne chance pour ton opération en juillet. Tout va bien aller!  

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jun 8, 2020 11:58

Bonjour Bingo‍ 

Effectivement, je suis ménopausée à 36 ans. Je trouve cela difficile : les bouffées de chaleur et le changement d'humeur ne sont pas évident à gérer. Je n'étais pas rendue-là dans ma vie! J'ai toujours l'impression d'être désiquilibrée au niveau des hormones. Je me dis souvent, un jour à la fois. C'est plus facile à dire qu'à faire.
Je songe à consulter une aide extérieure. J'hésite encore.

Je te remercie pour ces bons mots. Je te souhaite bonne chance pour la suite.

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jun 8, 2020 12:04

Bonjour Marianne‍ ,

Je t'envoie pleins d'ondes positives pour ton combat présent et à venir.
Ça fait du bien de parler avec des gens qui comprennent ce que je vis. Mon conjoint est présent, mais il ne peut comprendre ce que je ressent, ce que je vis et ce avec quoi je me bats tous les jours dans ma tête. ''Un jour à la fois'' est ma nouvelle phrase.

À bientôt!

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Yves Modérateur sur jun 9, 2020 7:43

Bonsoir B_ryn36‍ ,

Votre histoire est venue me chercher. Toutes ces émotions à gérer ne sont certainement pas faciles. Je peux imaginer l'état dans lequel vous êtes et les pleurs qui libèrent un tant soit peu. Bien content de lire aussi que vous allez également prendre soin de votre santé mentale, c'est important. Je salue aussi la gentillesse des autres membres d'avoir pris le temps de vous écrire un petit mot. On sent toute la reconnaissance que vous leur témoignez.

N'hésitez pas à nous donner des nouvelles. Nous sommes ici pour vous chère B_ryn36
Prenez soin de vous
 
Yves modérateur

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Marie-Elise sur jun 9, 2020 8:15

Bonjour B_ryn36‍ ,

Le titre de votre billet m'a intrigué 🤔 et je comprends mieux après l'avoir lu.  C'est bien normal qu'on se préoccupe de sa survie physique en premier.  Mais le mental souffre quand même et on s'en rend seulement compte quand il décide de nous laisser tomber.  Je comprends, ça m'est arrivé et je vous confirme qu'on s'en sort.  J'ai été chercher de l'aide professionnelle et j'ai maintenant des outils de plus qui me servent toujours 💪.

Prenez soin de vous.  Vous n'êtes pas seule, comme vous l'avez constaté, on est là avec vous 😍

Marie-Elise 💛

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par FADI27 sur jun 10, 2020 11:32

Bonjour 
B_ryn36
J' ai lu votre billet, et je me sens toucher par votre histoire. Quand on recoit ces genres de diagnostic, c' est vraiment dur et ceci est pour tout le monde. Vous n' etes pas la seule dans ce cas a eprouver de la colere, l' angoisse et autres. Mais heureusement il y a le temps. Avec le temps vous allez vous en sortir et continuer a vivre. Je pense que déja vous etes rendue a un autre stade. Je vous souhaite du courage, continuer a prendre soin de votre corps et de votre esprit.

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jun 13, 2020 9:40

Bonjour!

Merci pour vos bons mots d'encouragement et de compréhension. C'est vrai que ça aide de savoir qu'on n'est pas seule et surtout, que ce nous ressentons est normal. Je sais aussi qu'avec le temps, le tout devrait revenir à la ''normal'', si je peux dire ainsi. Souvent on dit qu'on comprends cette notion, mais sans vraiment l'assimiler. Aujourd'hui, je confirme que j'ai vraiment compris.

Je retourne au travail progressivement la semaine prochaine. Avec le médecin on a convenu que j'irais à mon rythme et que si ça ne va pas, on ajusterait le tout. Ça m'angoisse un peu, pendant mon absence il y a eu beaucoup de changement, en parti avec le Covid et en parti avec le changement de toute l'équipe de gestion. Mais je me suis promise de prendre soin de moi, alors je vais rester attentive à ce que mon corps et mon esprit vont me dire.

Je vous souhaite un excellent week-end!