Vous devez vous connecter ou vous inscrire afin de participer à ces discussions.


 

Je suis une survivante, enfin je crois...

Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jun 7, 2020 1:51

Bonjour,

Le 30 décembre dernier j'ai reçu un diagnostic pour un cancer de l'utérus de stade A grade 1. Ce fut un choc pour moi et mon conjoint, surtout qu'on ne s'attendait pas à ça du tout. En septembre dernier, j'avais fait mon examen gynécologique de routine et en octobre mon médecin m'a dit que j'avais des cellules atypiques, donc elle voulait que je passe une colposcopie. Je l'ai passé en novembre et le résultat est tombé le 23 décembre... La gynécologue a demandé à me voir absolument le 30 décembre. Boum!! Parce que ça fait cet effet, comme une bombe qui explose au visage. On n'y croit pas, on se dit qu'il y a une erreur. Tout se bouscule dans ma tête. Mon chum est avec moi, je dois être forte. Je pose pleins de questions, je réagi au quart de tour. Le médecin sort du bureau quelques instants, mon chum qui retenait ses larmes n'en peu plus et il se laisse aller. Je le console du mieux que je le peux. La médecin me dit que c'est le plus beau des ''cancer'', car avec une opération, le retrait de l'utérus et hop le cancer a disparu... Quand elle me dit ça, au plus profond de moi, je croise les doigts pour que le cancer soit seulement dans l'utérus. Je reste positive, tout va bien aller. Et comme à cet hôpital on ne s'occupe pas de ces cas-là, elle m'explique qu'elle doit transférer mon dossier dans trois hôpitaux, deux à Montréal et l'autre à Laval. Et à partir de ce moment je dois attendre leur retour. Elle m'explique les quelques options qui ''s'offrent'' à moi.
Le retour à la maison fut plus difficile... Beaucoup de questionnement s'imposent! J'ai 35 ans au moment de l'annonce. Nous n'avons pas encore d'enfant, c'était notre choix pour le moment. Mais nous devons prendre une décision : subir l'opération et retirer l'utérus ou prendre des hormones et essayer d'avoir un bébé. Nous adorons les enfants. Nous en avons pas jusqu'à maintenant pour plusieurs raisons, car nous avions le temps d'y réfléchir. Mais là nous devons y penser. Nous choisissons l'opération. Je ne veux pas prendre de risque avec ma santé, si jamais le cancer se développait rapidement. De plus, comme tout porte à croire que c'est sûrement à cause d'un problème hormonal, je ne veux avoir la déception, en plus, de ne pas être capable de tomber enceinte et de passer pleins de tests.
Dans ma malchance, j'ai de la chance : je suis prise (probablement) au tout début, le 31 décembre je reçois déjà un appel de Laval pour l'ouverture de mon dossier, premier rendez-vous le 10 janvier, plusieurs tests s'ensuivent en janvier et le 5 février je reçois l'appel pour mon opération qui aura lieu le 11 février. Ouf!! Tout se passe très vite, trop vite même, je n'ai pas le temps d'analyser tout ce qui se passe. Le mois de janvier fût des plus pénible de ma vie. J'ai continué de travailler jusqu'à mon opération pour préparer mon absence qui arrivait à grand pas. J'essayais de toujours être positive pour que les personnes autour de moi ne soient tristes ou stressées. Le plus difficile a été la première fois que nous l'avons annoncé.C'était à ma mère. Il n'y a pas beaucoup de façon de faire. Mais comme j'avais une attitude positive, le choc passait plus vite.
Vient ensuite le jour de l'opération : retrait de l'utérus, des trompes et des ovaires (je ne prends pas de chance) : tout se passe bien. Je récupère bien à la maison. On s'occupe bien de moi. Je reprends du mieux physiquement assez. Arrêt de travail pour un six semaines. Je revois le médecin à la mi-mars... Et là, le covid arrive... Rencontre avec un autre médecin, car mon médecin est en quarantaine. La pire rencontre de ma vie, qui pourtant était positive. Résultat de la pathologie : cancer seulement dans l'utérus, les ganglions sont beaux et aucune trace dans les ovaires non plus. Mais je sors du bureau aussi démoli que lorsque j'ai reçu le diagnostic. Je suis en colère après le médecin, car il m'a ''pitché'' toutes ces informations. Bref, je ne m'explique pas ce que je ressens à ce moment-là.
Deux semaines après, le lundi matin de la semaine (tout juste après Pâques) où je dois recommencer à travailler, je sens que rien ne va. Et là, j'éclate en milles morceaux à l'intérieur. Couché dans mon lit, mon chum qui me demande ce qui ne va pas, moi qui n'est pas capable de l'expliquer, j'éclate en sanglot. C'est la première fois que je pleure vraiment depuis l'annonce du diagnostic... Depuis l'annonce du cancer que je suis positive pour tout le monde, que je suis forte et que rien ne semble m'atteindre, mais là, je suis ''détruite''. Je pleure et pleure. Je prends conscience de pleins sentiments qui m'habitent. Je ne me sens pas la force de retourner au travail. Pas dans mon état d'esprit actuel, pas avec le covid qui rend le quotidien difficile à vivre. Je téléphone donc à mon médecin de famille pour rendez-vous. Elle m'accorde un répit de 4 autres semaines et on verra après. Lors de mon rendez-vous, je prends conscience que pendant ma convalescence j'avais pris soin de mon état physique, puis après était apparu le covid, donc ''tout avait plus le bord''. Mais je n'avais pas pris soin ma santé mentale, de mon esprit. 
Je ne sais pas si tout ce que je ressens est normal : culpabilité, colère, tristesse, solitude, fatigue, syndrome de l'imposteur.
Je crois que j'ai besoin d'être rassurée et d'avoir des réponses sur ce que je ressens.

Merci de m'avoir lue!
 

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Maieve sur jun 8, 2020 7:50

Bonjour B_ryn36‍ ,
J'ai tellement l'impression de vous comprendre. J'ai 34 ans et le 26 février j'ai subie une chirurgie explorative. En raison du COVID j'ai dû attendre jusqu'au mois d'avril pour le résultat de pathologie. Puis, le résultat est tombé : Pseudomyxome Péritonéal, un rare cancer qui provient de l'appendice et qui se répend partout dans le ventre. À 34 ans je n'ai pas encore d'enfant et on m'apprend qu'on devra m'enlever les ovaires, trompes de fallopes et fort probablement l'utérus. À partir de là, je vais dire comme vous, tout se passe très vite! Les rendez-vous se multiplient et comme  je dois aller à ces rendez-vous seule j'essais d'être forte. À un tel point que ça m'a pris plusieurs semaines avant d'avoir une réaction émotionnelle. Je revenais des rendez-vous et je répétais tout ce que le spécialiste avait dit à mon conjoint, et ce, de manière strictement rationnelle. Ça a pris quelques semaines, mais finalement j'ai éclaté et toutes les émotions sont apparues. Ma grosse chirurgie était prévue pour le 16 juin, mais j'ai appelé ma chirurgienne pour lui demander de parler à une spécialiste de la fertilité. J'ai fais la procédure de préservation des ovules et vendredi passé on a réussi à congeler deux de mes ovules. J'aurais aimé qu'on me parle dès le départ de cette option qui est entièrement couverte par la RAMQ en cas de cancer. Avec tout ça, ma chirurgie est remise au début juillet. Tout comme vous je ressent culpabilité, colère, tristesse, solitude, fatigue. Je suis en arrêt de travail depuis la première chirurgie, à la fin février, en attente du reste de la procédure et chaque fois que je dois prolonger mon arrêt, je me sens coupable et angoissée. Toutefois, je pense que c'est important de prendre le temps qu'il faut et de soigner son bien-être mental. Je vous souhaite un bon rétablissement, autant sur le plan mental que physique et j'espère que vous allez prendre le temps qu'il faut pour vous remettre sur pieds.

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Bingo sur jun 8, 2020 9:57

Bonjour B_ryn36‍ 
Je te comprends tellement.  Il y a maintenant 2 ans j’ai reçu un résultat comme toi cancer de l’endomètre Grade 1 stade 1 A avec ganglions négatifs.  La grosse différence c’est que moi j’avais 55 ans.  Je n’ai pas eu à me demander si je devais garder mon utérus.  Le retour à la normale a été très difficile. Depuis 1 an je prends des anti-dépresseur, j’ai lutté pour ne pas en prendre mais en vain.  Depuis ça va mieux. J’avais peur que le cancer revienne ça me hantait même si ma gynécologue et mon gynécologue oncologue me disaient que les chances de récidives étaient quasiment nul. Toi tu es ménopausée maintenant c’est difficile à vivre ça aussi moi je l'étais déjà c’était un affaire de moins à gérer.  Donne toi du temps aussi.  Tu peux consulter moi j'avais été voir un psychologue. Bonne chance dans ton parcours.

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Marianne sur jun 8, 2020 11:29

Réponse pour B_ryn36‍ 

Bonjour à toi!

Je te lis, je te comprends. Tout se déroule si vite, si abruptement... Je me suis crue dans les abysses d'un océan en train tout heurter sur mon passage... Le 29 avril, j'apprends donc que j'ai un cancer du sein, un triple négatif... Je suis déjà en processus de traitement... Mon moral est malgré tout très bon, je reste positive, je m'occupe beaucoup (lecture, exercice, marche, yoga). Oui, je prends soin de mon corps spirituel! J'ai une soif de vivre exceptionnelle! Je me lève tôt et j'écoute le chant des oiseaux comme jamais! Maintenant, je fais confiance aux spécialistes et je me fais aussi confiance. En peu de temps pour toi, pour vous deux, vous avez beaucoup de choses à absorber, à accepter... et la gamme d'émotions que tu vis, sache les accueillir...

À bientôt! Essaie de rester "Ici et maintenant"...

Marianne

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jun 8, 2020 11:51

Bonjour Maieve‍ ,

On ne m'a pas parlé de la possibilité de conserver mes ovaires, j'aurais aimé le savoir, mais en même temps cela se passe tellement vite. Et après le résultat de la pathologie, je crois que je n'aurais pas pu le faire. Si je comprends bien, il y a avait des kyste au ovaires.
J'ai mon rendez-vous cette semaine avec le médecin pour le retour au travail. Ça m'angoisse beaucoup et surtout avec le contexte actuel de la pandémie. Comme j'ai quitté bien avant que tout cela arrive, il y a eu beaucoup de changements. Je souhaite un lent retour progressif. 

Je te souhaite bonne chance pour ton opération en juillet. Tout va bien aller!  

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jun 8, 2020 11:58

Bonjour Bingo‍ 

Effectivement, je suis ménopausée à 36 ans. Je trouve cela difficile : les bouffées de chaleur et le changement d'humeur ne sont pas évident à gérer. Je n'étais pas rendue-là dans ma vie! J'ai toujours l'impression d'être désiquilibrée au niveau des hormones. Je me dis souvent, un jour à la fois. C'est plus facile à dire qu'à faire.
Je songe à consulter une aide extérieure. J'hésite encore.

Je te remercie pour ces bons mots. Je te souhaite bonne chance pour la suite.

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jun 8, 2020 12:04

Bonjour Marianne‍ ,

Je t'envoie pleins d'ondes positives pour ton combat présent et à venir.
Ça fait du bien de parler avec des gens qui comprennent ce que je vis. Mon conjoint est présent, mais il ne peut comprendre ce que je ressent, ce que je vis et ce avec quoi je me bats tous les jours dans ma tête. ''Un jour à la fois'' est ma nouvelle phrase.

À bientôt!

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Yves Modérateur sur jun 9, 2020 7:43

Bonsoir B_ryn36‍ ,

Votre histoire est venue me chercher. Toutes ces émotions à gérer ne sont certainement pas faciles. Je peux imaginer l'état dans lequel vous êtes et les pleurs qui libèrent un tant soit peu. Bien content de lire aussi que vous allez également prendre soin de votre santé mentale, c'est important. Je salue aussi la gentillesse des autres membres d'avoir pris le temps de vous écrire un petit mot. On sent toute la reconnaissance que vous leur témoignez.

N'hésitez pas à nous donner des nouvelles. Nous sommes ici pour vous chère B_ryn36
Prenez soin de vous
 
Yves modérateur

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Marie-Elise sur jun 9, 2020 8:15

Bonjour B_ryn36‍ ,

Le titre de votre billet m'a intrigué 🤔 et je comprends mieux après l'avoir lu.  C'est bien normal qu'on se préoccupe de sa survie physique en premier.  Mais le mental souffre quand même et on s'en rend seulement compte quand il décide de nous laisser tomber.  Je comprends, ça m'est arrivé et je vous confirme qu'on s'en sort.  J'ai été chercher de l'aide professionnelle et j'ai maintenant des outils de plus qui me servent toujours 💪.

Prenez soin de vous.  Vous n'êtes pas seule, comme vous l'avez constaté, on est là avec vous 😍

Marie-Elise 💛

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par FADI27 sur jun 10, 2020 11:32

Bonjour 
B_ryn36
J' ai lu votre billet, et je me sens toucher par votre histoire. Quand on recoit ces genres de diagnostic, c' est vraiment dur et ceci est pour tout le monde. Vous n' etes pas la seule dans ce cas a eprouver de la colere, l' angoisse et autres. Mais heureusement il y a le temps. Avec le temps vous allez vous en sortir et continuer a vivre. Je pense que déja vous etes rendue a un autre stade. Je vous souhaite du courage, continuer a prendre soin de votre corps et de votre esprit.

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jun 13, 2020 9:40

Bonjour!

Merci pour vos bons mots d'encouragement et de compréhension. C'est vrai que ça aide de savoir qu'on n'est pas seule et surtout, que ce nous ressentons est normal. Je sais aussi qu'avec le temps, le tout devrait revenir à la ''normal'', si je peux dire ainsi. Souvent on dit qu'on comprends cette notion, mais sans vraiment l'assimiler. Aujourd'hui, je confirme que j'ai vraiment compris.

Je retourne au travail progressivement la semaine prochaine. Avec le médecin on a convenu que j'irais à mon rythme et que si ça ne va pas, on ajusterait le tout. Ça m'angoisse un peu, pendant mon absence il y a eu beaucoup de changement, en parti avec le Covid et en parti avec le changement de toute l'équipe de gestion. Mais je me suis promise de prendre soin de moi, alors je vais rester attentive à ce que mon corps et mon esprit vont me dire.

Je vous souhaite un excellent week-end!

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Matindavril sur jui 18, 2020 4:47

Bonjour à tous et à toutes,

Récemment opérée pour un cancer de l’utérus, c’est un AVC qui m’a conduite à l’hopital. Comme je n’avais pas de médecin de famille, je suis toujours sur la liste d’attente, les médecins voulaient connaitre mes autres problèmes de santé. C’est alors que j’ai parlé de mes problèmes gynécologiques. Je minimisais ces problèmes mais une biopsie a répondu aux interrogations. Je ne voulais pas le croire jusqu’à temps d’avoir les résultats des pathologistes. Et puis, tout est allé vite. Je viens d’avoir 62 ans alors l’hystérectomie allait de soi. 

Mais en attendant les résultats, je faisais de la visualisation. Est-ce que çà a marché? Je ne le saurai jamais. Mais chose certaine, l’ovaire droit et les ganglions étaient intacts. Antérieurement, je dois dire que la visualisation m’a toujours aidée. Bon, c’était pour le travail surtout mais quand même. Ça m’a aussi aidée pour récupérer de mon AVC.

Je suis passée et passe encore par plusieurs sentiments. Je n’ai pas de médecin de famille mais des j’ai parlé avec des patientes qui étaient suivies par un médecin et le cancer est apparu et s’est développé à une vitesse grand V. Je ne dis pas que ce n’est pas important d’etre suivie, je que ça dépend de chaque personne. Je me sentais coupable de ne pas avoir de médecin lors de mon AVC mais une infirmière m’a dit surtout, de ne pas culpabiliser. Alors je ne culpabilise plus. Si je suis remise de mon AVC rapidement, j’ai travaillé fort et je me dis que je n’ai pas fait un AVC pour rien. Je manquais de motivation pour me reprendre en mains, je le fais car je souffre de diabète t 2, d’hypertension aussi. Alors je soigne mon physique mais je vais aussi consulté un psy. Car je pense que le mental entre aussi en ligne de compte. Je veux comprendre, je veux travailler sur mon mieux etre. Je me sens imposteur dans ce groupe car mes peurs, mon cancer, mes traitements, tout semble beaucoup mois dur à supporter que la plupart des gens ici. Alors je me sens mal et je suis plus préoccupée par mon AVC. Je ne trouve pas ça normal. Je ne veux pas que ce soit pire que ce que j’ai mais j’ai du mal à trouver me place, ce que je peux apporter.

J’ai confiance en mes spécialistes, je bois leur bonnes paroles, je rejette celles des gens qui veulent me faire rentrer dans les statistiques. Je ne suis pas une statistique, on n’est pas une statistiques. Je pleure aussi, j’ai des downs, je ne suis pas toujours forte, j’essaie mais c’est parfois difficile car reste qu’on est seule face à la maladie.

Mais je garde espoir car l’espoir c’est la vie. Je ne laisserai personne m’enlever mes rêves. Il y a tellement  de gens  qui ont réussi là ou d’autres ont échoué ou pas essayé.

Matindavril 

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Hec58 sur jui 19, 2020 6:12

Quelle belle leçon de vie, chère Matin d'avril! Moi qui suis proche aidante, j'adopte votre approche. Elle me parle directement et m'aide à cheminer dans ce parcours, tantôt sinueux, tantôt "raboteux". Merci à vous pour cette remarquable sagesse. 

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Audrey Modératrice sur jui 19, 2020 6:00

Bonjour B_ryn36‍,

Je vous écris pour voir comment se passe votre retour progressif au travail. Vous nous aviez fait part de vos inquiétudes le mois passé concernant ce retour, notamment à cause des changements dans votre milieu de travail. Comment trouvez-vous cela pour le moment? Revenez-nous donner des nouvelles lorsque vous serez prête! 
_______________

Bonjour Matindavril‍,

Je suis bien d'accord avec Hec58‍, votre beau message est empreint d'espoir et de sagesse! Vous êtes optimiste, tout en demeurant réaliste. Votre approche est bien inspirante et je suis certaine que les lecteurs-trices le sentent aussi. Je suis toujours contente de lire des messages comme le vôtre et je continuerai de rester à l'affût! J'espère que vous avez passez une belle fin de semaine, à bientôt!
Audrey, Modératrice pour ParlonsCancer.ca

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jui 21, 2020 9:06

Bonjour Audrey Modératrice‍ ,

Merci de prendre des nouvelles.

Le retour au travail n'est pas facile... Et ce pour plusieurs raisons. Le fait de retourner travailler me force, dans un sens, à retourner à la vie ''normale'', si je peux le dire ainsi. Mais, le fait d'avoir eu un cancer a changé quelque chose en moi. Le fait d'être assise-là et de retourner à mes occupations est un soulagement et une angoisse en même temps, chanceuse d'être assez en forme pour poursuivre, mais fragile (émotionnellement, ''hormonalement'' et psychologiquement) en même temps. Le manque d'hormone se fait sentir et je trouve ça difficile '' le up and down'' sans raison. De plus, avec le Covid, beaucoup de choses ont changées et puisque j'étais dans ma petite bulle à la maison au moment du gros de la pandémie, l'adaptation est difficile. Il y a aussi la surcharge de travail, le manque d'effectif et le retard dans mes tâches de travail. Je dois souvent me parler et me rappeler d'y aller un jour à la fois et que je fais de mon mieux. Je dois arrêter de me mettre trop de pression sur les épaules, souvent plus facile à dire qu'à faire, mais j'en suis consciente et médite sur comment améliorer les choses. Je peux vous dire aussi que lorsque je termine mes journées, je suis brûlée!

La positif est que je retrouve mes collègues, que j'essaie d'imposer, à moi et aux autres, des limites. Je suis plus attentive à mon corps et à ce que je ressens qu'avant le cancer. Et j'ai confiance que tout ira de mieux en mieux! En tout cas, je travaille fort là-dessus.

Dans mon retour progressif, j'en suis à ma deuxième semaine de trois jours et déjà hier, j'ai vu une amélioration : moins de stress, de fatigue en fin de journée et plus de plaisir au travail. Je vous redonne des nouvelles lorsque je serai de retour à temps, soit après la semaine du 10 août.

Bonne journée!
 

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jui 21, 2020 9:19

Bonjour Matindavril‍ ,

J'ai été touché par votre message. J'ai aussi reçu un diagnostic d'un cancer de l'utérus. Je comprends, lorsque vous dites que vous vous sentez comme un imposteur, car je me suis sentie comme ça au début. Mais avec le temps, j'ai compris ''chacun son combat'' et personne ne juge ce que l'on ressent. Au contraire, ils nous aide et ça fait toute la différence.

Je vous souhait un prompt rétablissement et gardez votre optimiste! Tout comme vous, je suis persuadée que cela a une incidence sur notre santé et bien-être!

Bonne journée à vous!
 

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Claude Administrateur sur jui 22, 2020 10:36

Bonjour B_ryn36‍ , tout d'abord merci de partager votre histoire quant à votre retour au travail.  Je retiens surtout le mot adaptation dans votre parcours.  On dit que le cancer n'est que l'adaptation à de nouvelles réalités souffrantes et difficiles, mais il est vrai que l'on parle peu du retour au travail.  Même ici sur ParlonsCancer.ca peu de membres abordent cette réalité, bien content de vous lire. 

Est-ce que votre médecin et employeur vous ont aidé afin de préparer ce retour au travail?

Je suis intrigué par vos mots, ' le cancer a changé quelque chose en moi ', je me permets de vous poser la question, vous pourriez préciser?

Je suis heureux  qu'après quelques semaines vous voyez une différence quant à votre énergie et stress.

Bientôt,

Claude
Administrateur

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Matindavril sur jui 22, 2020 1:40

Bonjour,
Moi aussi je crois que le cancer change quelque chose en nous. Je vais consulter car je ne suis pas certaine de comprendre quoi. Je lis un livre écrit par un oncologue à Montréal sur le pouvoir anticancéreux des émotions. Je crois que les émotions ont aussi quelque chose à y voir. Je ne crois pas que ce soit lié seulement à ce qu’on mange, à ce qu’on respire... Nos pensées, nos émotions ont aussi un influence; c’est ce que je crois.
Quand j’étais hospitalisée pour mon AVC, je m’efforçais de marcher et je voulais aller vite, normalement, je suis comme ça de nature. Une petite voix me disait, veux-tu guérir ou aller vite? J’ai compris que je devais ralentir, ralentir dans tout. Ma vie n’était qu’une course, toujours faire pour que tout aille  plus vite: manger plus vite, manger mal, n’importe quand. J’ai maltraité mon corps et résultat : Je suis diabétique de type 2 et je fais un peu d’hypertension.
Alors avec tout le stress et mes émotions refoulées, mon corps est devenu un terrain propice au cancer, je crois. Donc, si je veux rendormir mon cancer ou une autre sorte de cancer, je pense que je dois changer non seulement mon alimentation, mais mes pensées, mieux gérer mes émotions, réapprendre à relaxer, méditer, arrêter de toujours courir. C’est pour ça que je crois que j’ai fait un AVC. Ça peut-être été la façon de mon corps de m’arrêter, de me donner une 2e chance. Enfin, c’est mon opinion.

Matindavril 

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jui 23, 2020 8:55

Bonjour Claude Administrateur‍,

Je n'ai pas vraiment eu de préparation à mon retour au travail. Mais, je vois une différence dans l'approche qu'on mes collègues de mon cercle rapproché. Ils prennent soin de moi. Avec le Covid, bien des procédures ont été ajoutées, modifiées ou carrément retirées, alors l'adaptation ce fait tranquillement. J'ai un poste assez surchargé, alors le fait d'être en retour progressif, m'oblige à lever le pied et de constater qu'avant, j'en faisait beaucoup trop. Au moins, la même constatation a été faite auprès de mes supérieurs, il devrait y avoir du changement.
Concernant ce qui a changé en moi, je ne saurais le dire... Ce n'est pas encore clair pour moi. C'est un mélange d'émotions contradictoires. Par exemple, je me sens plus forte et fière du chemin parcouru (le fait d'avoir passé au travers du cancer, du deuil de ne pas pouvoir d'avoir d'enfant), mais en même temps je ressens un mélange de tristesse, de vulnérabilité et de fragilité. Je ne saurais l'expliquer, mais je sens qu'un changement s'opère en moi. Difficile pour moi de mettre des mots... Peut-être que je serai capable de mieux comprendre dans quelque temps.

Bonne journée 🙂

 

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Saris sur jui 24, 2020 9:01

Coucou B_ryn36‍,

merci pour tous tes témoignages, et bravo pour ta force dans le chemin que tu as parcouru. Je découvre ton histoire seulement maintenant: elle me touche car je m’y reconnais, notamment quand tu parles des émotions à retardement, la peine qui sort « tard », si l’on peut dire. Dans la dernière année, j’ai eu deux cancers du col de l’utérus en l’espace de qqs mois, et le deuxième à été très agressif (il s’est développé sur 1.5cm en 4 mois, ce qui est extrêmement rare). Je n’ai pas eu de chirurgie, car le cancer était légèrement sorti du col: j’ai fait directement de la chimio et de la radio. Résultat: ménopause. J’ai envisagé de faire un enfant avant, mais le médecin m’a alors répondu « vous aurez peut-être un enfant, mais il aura peut-être plus de maman » -j’ai cependant eu la chance de pouvoir préserver mes ovocytes. Au moment où le médecin m’a annoncé ca, j’ai compris que ma vie était en danger, et c’est cette information qui a pris le dessus sur tout le reste. C’est ce qui m’a permis d’être super positive pendant les traitements: je ressentais beaucoup de gratitude d’être en vie, d’être soignée, d’être entourée malgré le contexte de covid... j’étais presque lourde à être aussi positive :-). Puis les traitements se sont arrêtés. Plus de médecin, plus d’hôpital: tout à coup, plein de temps et d’espace pour réaliser, en partie, ce qui venait de se passer. Pour digérer le fait que, parmi les scénarios possibles pour la suite, il y avait « métastases et chimio palliative ». J’ai 34 ans, pas encore d’enfant, et à ce moment là, je pleurs sans m’arrêter parce que je suis terrifiée à l’idée de mourir trop tôt. 
Puis, à coup de méditation, de visualisation, d’acupuncture et, probablement du temps qui passe; je décide que je ne vais pas mourir maintenant. Je n’ai plus peur de ça.
C’est à ce moment là que mon esprit fait de la place pour une autre information: désormais, je suis ménopausée. Jusque là, j’avais décidé que ça ne m’arriverait pas, que je serai plus forte que les traitements (j’ai fait énormément de méditation et de visualisation, dans lesquelles je voyais mon cancer partir, tout en préservant mon utérus et mes ovaires). Cet espoir m’a donné une force colossale. Puis j’ai commencé à avoir des douleurs articulaires; mes règles ne sont pas revenues dans les 2 mois qui ont suivi les traitements (ce qui n’est par ailleurs pas surprenant). Et, comme je l’écrivais tantôt, quand ma peur de mourir s’est effacée, mon cerveau a décidé que c’était le moment d’affronter la nouvelle de la ménopause. C’était fin juin ; on m’avait expliqué que je ne pourrais pas porter d’enfant le 11 février, soit 4 mois plus tôt. Je me suis effondrée: j’ai eu mal comme jamais dans ma vie; mal au point de me demander de quelles manières rapides et indolores je pouvais mettre fin à ma vie pour que arrêter de souffrir autant. Bref, comme toi, j’ai vécu mes émotions à retardement; je m’en suis sentie coupable, un peu bête aussi d’avoir été autant dans le deni. Aujourd'hui encore, mes émotions restent mitigées. Je commence à mieux accepter le fait d’être ménopausée -Mais il y a  encore une partie de moi qui espère, pendant qu’une autre partie là regarde avec compassion. J’ai encore des moments de détresse. Je ne comprends pas tout ce qu’il se passe dans mon corps -j’ai l’impression que la ménopause est un grand truc pour lequel on ne m’a pas donné le mode d’emploi, et je me sens perdue. J’ai encore peur parfois -je n’ai toujours pas les résultats suite à mes traitements: je suis optimiste, mais je ne sais pas où ça en est. Et, comme toi, je sens que j’ai changé en dedans, profondément -je ne m’empêche plus de ressentir ni d’exprimer de la colère, je suis devenue plus égoïste -dans le sens où je me priorise bcp plus, je suis moins tolérante avec les gens qui ne sont pas si importants pour moi, j’ai perdu une partie de ma naïveté et de ma légèreté (je ne sais pas si ça reviendra un jour: avoir eu peur de mourir m’a fait passer dans un autre camp, le camp des gens qui se projettent moins, qui se satisfont des choses simples: on est en vie et c’est déjà pas mal); mon corps aussi a changé: j’ai récupéré la forme, mais j’ai des douleurs nouvelles (articulaires), je suis encore fatiguée rapidement; la peur que tout s’effondre de nouveau est toujours là qq part, tapie dans un coin de ma tête et elle non plus, je ne sais pas si elle me quittera un jour.
bref. J’imagine que ce que tu vis -les émotions pas toujours claires, qui te débordent à un moment où tu t’y attends pas du tout; est « normal »; en tous cas, on est au moins deux :-).
J’espere qu’avec le temps tu y vois un peu plus clair en toi, que tu arrives à percevoir non seulement ce que tu as perdu dans ce parcours du combattant, mais aussi ce que tu as gagné. Moi en ce moment ce qui me fait du bien, c’est d’arrêter de regarder derrière. Je ferme cette porte, sauf si c’est pour y puiser de la force pour moi ou pour d’autres. Je ferme cette porte et j’essaie de regarder ce qu’il se passe dans l'instant présent.

Tu es si courageuse d’avoir repris le travail.

Et oui, à mon sens, tu es une survivante. Nous sommes des survivantes. 

Préserve toi. Prends soin de toi. Je te souhaite beaucoup de paix et d’amour. 

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jui 25, 2020 9:50

Bonjour Saris‍,
 
Te lire ce matin me donne tout un coup, je pleure en te lisant, car tu as parfaitement décrit ce que je ressens. J'en prends conscience. Je te dis MERCI! J'ai l'impression d'avoir fait une thérapie en quelques minutes. Tout ce qui concerne la ménopause est vraiment nébuleux. Je savais, qu'avec le retrait de l'utérus et tout ce qui va avec, je serais ménopausée, mais aujourd'hui, je constate, qu'à part le mot, c'est tout ce que je connaissais. À 36 ans, mon corps et mon esprit ne sont pas rendus là dans le cycle de la vie. Je vais me documenter là-dessus pour avoir plus d'information et connaître tout les effets de la ménopause.

Tout comme toi, j'ai l'impression d'être dans des montagnes russes d'émotions. Tout comme toi, une partie de ma naïveté et de ma facilité à voir le positif dans tout c'est envolé. Mon côté positif prend parfois le dessus et je me dis que mon cancer m'a apporté la sagesse de profiter de la vie et d'en tirer le plus de bonheur possible, qu'il soit petit ou grand. J'essaie de ''sortir'' tout ce qui est négatif de ma vie.

Je te souhaite que du beau dans ta vie. Reste courageuse et mord à pleine dent dans la vie.

Je te fais un gros câlin 😘.

Bon week-end!

 

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par Saris sur jui 27, 2020 11:52

Coucou B_ryn36,

 

Oh non :( je suis désolée que mon message ait fait remonter tes larmes; j’espère que depuis, tes émotions sont retombées un peu? Contente néanmoins si tout ça a pu t’aider à mettre des mots sur tes émotions <3.

Oui, nébuleux est vraiment un terme approprié je trouve… Dans un de tes messages précédents, tu parlais de bouffées de chaleur: as-tu d’autres symptômes? De mon côté, j’ai des cycles émotionnels vraiment marqués (avec, depuis avril, des gros gros down tous les 3-4 semaines); j’ai mal aux articulations (doigts, poignets, genoux); j’ai mal aux talons quand je me lève et que je me mets à marcher (trop bizarre non?); mais difficile de savoir si tout ça est du à tous les chocs psychologiques, l’anxiété, la radio et la chimio… En tous cas si tu as envie de me raconter, ça m’intéresse; j’aimerais bien savoir comment d’autres femmes qui ont eu un cancer dans la trentaine vivent ça; je n’ai trouvé en ligne aucun témoignage…

D’ailleurs, à l’hôpital dans lequel je suis suivie, ils ont ce qu’ils appellent: ‘une clinique de la ménopause’: sais-tu si l’hôpital qui t’a suivie en a une? Je ne les ai pas encore rencontrés, donc je ne peux pas te dire en quoi ça consiste exactement; cependant d’après ce que j’ai compris, c’est eux qui vont me proposer des hormones de substitution notamment; et, j’espère, c’est aussi eux qui devraient apporter plus de réponses à mes questions.

Aussi, je te partage ici qqs liens que j’ai trouvés sur la ménopause et qui m’ont été utiles: si jamais ça t’aide :):

https://www.menopauseandu.ca/fr/

https://lamenopause.fr/temoignages-et-interviews/temoignages-menopause-precoce/

https://www.santemagazine.fr/sante/menopause-et-andropause/menopause/traitement-hormonal-de-la-menopause-faut-il-le-prendre-ou-non-171130

https://www.santemagazine.fr/sante/menopause-et-andropause/menopause/comment-bien-vivre-la-premenopause-171128

http://www.cngof.asso.fr/d_livres/2009_GM_139_drapier.pdf

 

Si tu trouves d’autres ressources qui répondent à tes questions, je suis preneuse aussi :).

 

 

C’est beau ce que tu dis, sur ta capacité à voir le positif, la sagesse que le cancer t’a apporté. Je ressens beaucoup ça aussi -pas tous les jours hein, haha y a des périodes où j’ai la haine contre la vie, mais il y a aussi des fois où je me dis que la maladie m’a rendu service, sur certains aspects. D’ailleurs j’ai lu un livre sur le sujet qui m’a fait énormément de bien, je ne sais pas si tu le connais? « Radical Remission » de Kelly A. Turner. C’est très positif, ancré dans la vie et l’avenir : il m’a portée pendant un certain temps! En tous cas, accroche toi fort à cette sagesse, on sent ta force et ta rage de vivre à travers tes mots, c’est beau!

 

Très gros bisous à toi, je t’envoie plein de force!

RE: Je suis une survivante, enfin je crois...

Publié par B_ryn36 sur jui 31, 2020 1:24

Bonjour Saris‍,
 
Je me suis remise de mes émotions 😉 C'est simplement que tu as su employer les mots juste sur la manière dont je ressens les choses. Sur le coup, ça fait remonter le tout, mais maintenant, je comprends un peu mieux ce que je ressens. Merci! 💜
 
Pour répondre à tes questions concernant la ménopause, à part les bouffées de chaleur, il y a des sautes d'humeur qui arrivent à n'importe quel moment pour n'importe quoi. Difficile à gérer! Le sommeil est aussi moins bon, j'ai l'impression de ne pas avoir eu une belle nuit depuis l'annonce de mon diagnostic, ça joue sur le système. Avec les chaleurs, qui sont surtout au coucher et durant la nuit, ça n'aide pas pour avoir de bonne nuit de sommeil. Aussi, je sais que je n'ai plus d'hormone, mais j'ai l'impression, parfois que mon corps suit encore mon cycle menstruel. C'est bizarre. Pour l'instant, je ne crois pas avoir d'autre symptôme lié à la ménopause.

Merci bcp pour les liens, je vais les consulter et si j'en trouve, je te le ferai savoir! 😊

De mon côté, je ne sais pas s'il y a une clinique de la ménopause. Je verrai avec ma médecin en septembre lors de mon r-v de suivi. Je ne sais pas ce qui m'attend pour la suite des choses. Je suis un peu dans le néant.

Merci aussi pour le livre, je vais aussi y jeter un coup d'oeil!

Je te souhaite un excellent week-end!  🖐