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AMarie
12 billets

Bonjour,

je suis ici aujourd'hui parce que cette nuit, j'ai senti que j'avais besoin de rejoindre des gens qui vivent une même réalité, soit d’être atteints d'un cancer.

J'ai 70 ans. Contre toute attente j'ai fêté mon anniversaire en septembre. 😉 J'ai été diagnostiqué, en octobre 2020, d'un cancer du poumon, stade 4. J'ai eu de la chimio jusqu'en février, puis 1 séance de radiothérapie. Et puis appendicite et mal-être intestinal qui m'ont enlevé tout le poids et toute énergie que je voulais retrouver pour pour reprendre des traitements. Donc en octobre, j'ai décidé de tout arrêter. Plus de traitements. Je suis donc maintenant en maintien à domicile, soins palliatifs. J'aurais dû prendre la décision bien avant!

Depuis près de 40 jours, je revis. Bien sûr pour assurer mon confort, je suis médicamentée, mais peu. J'ai retrouvé le goût et l'appétit, je prends du poids, j'ai une énergie débordante, j'ai les idées claires et abondantes, peut-être trop. Les gens autour de moi ont de la difficulté à me suivre, tellement j'ai des idées et des actions qui vont avec! Les bottines suivent les babines. Je suis en action toute la journée. Quel contraste avec il y a un mois, où je dormais tout le temps et que l'ombre du dernier souffle rôdait autour de moi. Ce n'est pas un miracle, juste que la médication semble me convenir. Et je ne peux que m'en réjouir.

Pronostic… qui sait… Il y a un mois, c'était quelques semaines à peine. Là, peut-être, investie de cette nouvelle énergie, ce sera peut-être quelques petits mois.

Petits mois parce que j'ai beaucoup à faire. Je prépare mes valises, comme je dis à mes proches et amis. Et je suis reconnaissante de tout ce temps de grâce qui m'est offert. J'en profite pleinement.

Je suis très sereine face à cette dernière porte à franchir.

Alors voilà! Les gens prennent vraiment bien soin de moi, je suis bien entourée par ma famille, mes amours, mes amis, par l'équipe qui me suit, mais je n'ai parlé à personne qui puisse vraiment comprendre ce que nous vivons quand le cancer vient changer le cours de notre histoire. Je suis donc ici ce soir.

Merci de me lire

À une prochaine

Anne-Marie

7 Réponses
Shasha
2 billets

Bonjour @AMarie

merci pour ce beau témoignage ,je suis désolé du parcours cahoteux que vous avez du prendre pour vous rendre à la sérénité. Profitez de ces moments magiques pour penser à vous et ce qui vous fait du 😌 bien..avec cette nouvelle vigueur tout est possible .🙏🏻🌺

Andfrank
5 billets

@AMarie

Quelle sérénité votre message dégage. Le cancer nous fait perdre pied sur notre vie. On dirait que vous avez repris ce qui reste de votre vie en main et que ça vous fait un bien fou.

catherinel
16 billets
Bonjour AMarie

Je suis contente de vous lire. J’ai été diagnostiquée avec un cancer des poumons stade 4 en novembre 2020 à 42 ans. Depuis le début je suis sereine même si je me serais bien passée de tout ça!! Je comprends vos valises - les miennes sont aussi commencées! Je suis en chimio, ça me garde stable pour l’instant et je me sens bien. Je suis heureuse de savoir que votre énergie revient - c’est une bonne nouvelle. Continuez à profiter des beaux moments !!! :)

Catherine
LAgesilace
1 billets
"Donc en octobre, j'ai décidé de tout arrêter. Plus de traitements. Je suis donc maintenant en maintien à domicile, soins palliatifs. J'aurais dû prendre la décision bien avant!" Tout est là. Cette décision, je ne parviens pas à la prendre. L'oncologue aura-t-il accepté sans broncher de remiser son attirail? L'entourage n'aura-t-il pas insisté pour vous garder plus longtemps? Dans les publications spécialisées, les mérites respectifs de telle ou telle thérapie se mesurent en mois de survie. Un oncologue écrira sans broncher que telle molécule, selon qu'elle est ou non administrée, aura fait gagner ou perdre deux mois et demi de survie à un échantillon... Sans doute pensons-nous tous que ces deux mois et demi-là, s'il faut les passer sur un matelas anti escarres avec des couches, des sondes, des tubes, des masques, des perfusions dans chaque bras, stupéfait de morphine, étouffé de mucosités, noyé dans ses humeurs, endolori de la tête aux pieds, haletant, nous pouvons nous en passer... Mais est-ce ainsi que se pose la question? Je souffre d'un cancer bronchique métastatique. Je suis passé par plusieurs chimiothérapies, une radiothérapie d'une trentaine de séances, une immunothérapie, une nouvelle chimio tournant en vrille et m'expédiant à l'hôpital pour y soigner mon aplasie, etc., etc. Je suis fatigué de vivre cancer, de penser cancer, de manger cancer, de respirer cancer... Cette maladie a tout obscurci et je ne vois plus qu'elle. Puis-je dire, dois-je dire après-demain à mon oncologue : distinguons, s'il vous plait, le thérapeutique du palliatif. Laissez-moi celui-ci et gardez celui-là. Tout est là.
Joelle_1992
25 billets

Bonjour @AMarie,

Je trouve votre message profondément inspirant. Il inspire beaucoup de sérénité, ça fait du bien de vous lire. Je serai heureuse de lire vos messages si le cœur vous en dit de partager avec nous, je serai au rendez-vous!

Je vous souhaite une agréable fin de journée ♥️

-Joëlle-

AMarie
12 billets

@LAgesilace Bon matin!

J'ai bien lu votre réponse à mon post et je compte bien y répondre, mais je manque de mots pour le moment. Ce que vous dites est important!

Je vous reviens sans trop tarder.

Je pense à vous et vous souhaite une bien belle journée.

On m'a dit que le bonheur n'est pas toujours où on pense le trouver 😉

Anne-Marie

AMarie
12 billets

@LAgesilace

J'aurais envie de dire pour commencer “Chère LAgesilace” si vous le permettez!

Je comprends votre questionnement!

Pour ma part, dès le départ, j'ai vu ce cancer comme un intrus! Il est entré dans ma maison sans y être invité. Je l'appelle le “dragon”. Il n'est pas le bienvenu. Donc il n'a jamais été “mon” cancer. Il est là, je sais, mais je me suis permis de vivre parce que je ne suis pas lui. Avant tout, je suis moi. Et pendant cette année écoulée, c'est à ça que je me suis accrochée, être moi au maximum, malgré lui.

Vous avez subi davantage de traitements que j'en ai eus. Ça a dû être éprouvant. Chaque fois recommencer, à être traité, à aller un peu mal ou beaucoup mal, à remonter un peu et à reprendre à nouveau. C'est épuisant. Ça demande une énergie peu commune. Et pourtant vous l'avez fait!

Vous vous questionnez maintenant sur ce que vous devriez faire… c'est important pour la suite de votre histoire. Loin de moi l'idée de vous conseiller, vous avez déjà votre réponse en tête, en cœur. Quelle qu'elle soit, je crois qu'il ne vous reste qu'à l'exprimer, mais en pensant à vous d'abord. Cette décision vous appartient, avec les raisons que vous avez pour la défendre.

Pour ma part, quand j'ai pris la décision d'arrêter les traitements, je n'avais ni le poids, ni l'énergie pour reprendre ce chemin. Je voulais me fortifier pour en gagner, je n'y suis pas arrivé! Alors j'ai plutôt penser que de poursuivre me tuerait plus rapidement que d'arrêter. C'est en accord avec l'oncologue que je l'ai fait. Nous avions formé une équipe toutes les deux. Elle n'a tiré dans aucun sens. Elle m'a exposé les choix et les conséquences de ce qu'il en était, ce qu'elle en pensait et j'ai choisi, ayant l'assurance qu'une autre équipe me prendrait en charge pour assurer, pour le temps qu'il me reste, la douleur, mon confort, mon bien-être, soit l'équipe de maintien à domicile, en soins palliatifs. Dans les jours qui ont suivi ma décision, le téléphone s'est mis à sonner, infirmière, médecin, nutritionniste, travailleuse sociale, j'en oublie, sont passés tour à tour pour évaluer mes besoins. Je suis en Estrie. Je suis bien épaulée.

Depuis 40 jours, je me suis retrouvée! Celle qui était avant est revenue m'habiter. Je suis bien. Je ne suis pas naïve, je sais bien où ce choix me mène, mais il est moins cahoteux qu'il ne l'a été depuis un an. J'ai donc le privilège d'avoir du temps de bien-être pour faire ce que j'aime faire. J'aime dessiner et peindre et je me découvre aussi un intérêt pour cuisiner… puisque j'ai retrouvé l'appétit. 😊 Avez-vous oublié ce qui vous faisait plaisir avant d'être malade? Quelle activité vous permettait de vous exprimer, de vous faire du bien?

En ce qui concerne mon entourage, depuis le début ils me suivent dans les décisions que je prends. On en parle mais j'ai le dernier mot, puisque tout ceci m'appartient. Bien sûr, tout comme eux, j'ai des deuils à faire, (ce ne sont pas du tout les mêmes!) mais je les fais un à la fois, quand je me sens confortable de les faire. Je ne me mets pas de pression, les autres ne le font pas non plus. Parfois ça devient une évidence. Exemple il y a 2 semaines, un matin j'ai décidé que je ne conduirais plus, avec la médication, je n'ai plus ni la vigilance, ni l'énergie qu'il faut pour le faire. Je l'ai dit, annoncé. Le surlendemain, je vendais ma voiture. Voilà! C'est tout c'est derrière. On continue.

Je vous souhaite un bon éclairage pour la suite de votre histoire. Pour moi, les journées sont belles tant qu'il y a la vie dedans. J'en profite! Je suis gourmande mais aussi reconnaissante d'avoir du temps, évidemment je ne sais pas combien, il en reste! Mais le temps c'est maintenant… au présent.

Je vous souhaite une belle fin de journée.

Anne-Marie

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